Home Affaires« Chacun pour soi » : argent et stratégies, la droite semble donc avoir un large champ sur le référendum

« Chacun pour soi » : argent et stratégies, la droite semble donc avoir un large champ sur le référendum

by Amélie Bernard

Publié le 29 janvier 2024. Les partis de centre-droit italiens se préparent au référendum sur la justice, mais la campagne se déroule de manière fragmentée, chaque formation politique avançant sur son propre terrain, sans coordination apparente.

  • Fratelli d’Italia (FdI) est déjà activement engagée dans la campagne, avec des investissements publicitaires importants.
  • La Ligue, dirigée par Matteo Salvini, prévoit une campagne visible avec son logo sur les affiches.
  • Forza Italia organise des événements et prévoit un budget conséquent pour la campagne, mais la coordination avec ses alliés reste fragile.

Alors que le référendum sur la justice approche, les partis de centre-droit italiens semblent plus préoccupés par la préparation des prochaines élections politiques que par une campagne unifiée pour le vote de juin. Giorgio Mulè, responsable de la campagne référendaire pour Forza Italia, confirme cette situation :

« Pour l’instant, chacun se débrouille seul, se déplace de manière indépendante. »

Matteo Salvini, secrétaire de la Ligue, a présenté mardi après-midi aux groupes parlementaires de son parti un plan ambitieux pour le référendum, incluant la production de matériel de campagne – affiches, autocollants, dépliants – et l’installation de stands d’information pour promouvoir le vote « oui ». Le leader de la Ligue souhaite notamment utiliser le symbole de son parti sur les affiches, dans un objectif de visibilité et de « comptage » des soutiens, tout en préparant le terrain pour un scrutin politique basé sur le système proportionnel.

Ce manque de coordination se traduit concrètement par des difficultés à mettre en place un comité unifié de soutien au « oui », dirigé par l’ancien juge de la Cour constitutionnelle Nicolò Zanon. De plus, l’implication de Pietro Dettori, collaborateur historique de Beppe Grillo et Gianroberto Casaleggio, pour la campagne numérique de Fratelli d’Italia, ne semble pas avoir rapproché les forces en présence.

Fratelli d’Italia, en particulier, a pris une longueur d’avance, investissant déjà entre 600 000 et 700 000 euros dans l’achat d’espaces publicitaires pour des affiches 6×3. Forza Italia, quant à elle, prévoit d’organiser un événement majeur à Rome le 24 janvier, intitulé « Plus de liberté, plus de justice », avec la participation d’Antonio Tajani, Gian Domenico Caiazza et Francesca Scopelliti. Un autre événement est prévu le 17 janvier à Chivasso, dans le Piémont, une région où la question judiciaire est particulièrement sensible, avec la présence de Paolo Zangrillo, Roberto Cota et Antonio Rinaudo.

Le parti de Silvio Berlusconi estime qu’un budget de 500 000 à 1 million d’euros serait nécessaire pour mener une campagne efficace, et se dit confiant quant à sa capacité à financer ses actions grâce à l’augmentation récente de ses membres. Cependant, des inquiétudes ont émergé concernant une éventuelle demande de contribution financière de 1 000 euros par parlementaire, une information que les députés de la coalition n’ont pas encore confirmée.

Malgré ces tensions, les partis de centre-droit se sont réjouis de la première décision favorable du Tribunal administratif régional (TAR) concernant la date du référendum, après une tentative de suspension de la part des opposants.

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