Publié le 15 janvier 2026 à 14h04. Des recherches récentes indiquent que le COVID-19 pourrait laisser des séquelles durables sur le cerveau, même après une guérison complète, expliquant potentiellement les troubles cognitifs persistants observés chez certains patients.
- Une étude de l’Université Griffith en Australie a révélé des changements dans la microstructure cérébrale des personnes ayant eu le COVID-19, même celles qui se sont complètement rétablies.
- Ces modifications affectent la myéline et la composition chimique du cerveau, et pourraient être liées aux symptômes du syndrome post-COVID, tels que le brouillard cérébral.
- Les chercheurs ont observé des différences dans l’activité cérébrale des patients atteints de COVID long, notamment dans les zones responsables du contrôle moteur et de la mémoire.
La pandémie de COVID-19 a mis à rude épreuve les systèmes de santé du monde entier, mais a également révélé de nouveaux défis médicaux à long terme. Parmi ceux-ci, le syndrome post-COVID, ou COVID long, se manifeste par une persistance de symptômes tels que la fatigue extrême et des troubles cognitifs, même après la phase aiguë de l’infection. Une nouvelle étude menée par l’Université Griffith en Australie apporte un éclairage sur les mécanismes potentiels à l’œuvre dans ces séquelles.
Les chercheurs ont comparé les cerveaux de trois groupes de participants : ceux atteints de COVID long, ceux qui s’étaient complètement rétablis de l’infection et un groupe témoin n’ayant jamais été infecté. Grâce à des techniques d’imagerie cérébrale avancées, ils ont constaté que les patients atteints de COVID long présentaient des anomalies significatives dans la structure de la myéline – la gaine protectrice qui entoure les fibres nerveuses – ainsi que dans leur composition chimique. Ces changements pourraient expliquer les difficultés cognitives et les troubles de la mémoire fréquemment rapportés par les patients.
L’étude a mis en évidence des différences notables dans l’intensité du signal de certaines régions du cerveau. Les patients atteints de COVID long ont montré une activité accrue dans le gyrus précentral et le lobe temporal moyen, suggérant une possible remyélinisation (reconstruction de la gaine de myéline) ou des processus inflammatoires. Ces zones sont cruciales pour le contrôle moteur et la mémoire, ce qui pourrait expliquer les déficiences observées chez les personnes touchées.
De manière surprenante, les chercheurs ont également constaté des changements cérébraux chez les personnes qui avaient complètement récupéré du COVID-19, par rapport au groupe témoin. Ces modifications pourraient correspondre à des adaptations compensatoires du cerveau, visant à maintenir un fonctionnement normal malgré les perturbations initiales causées par le virus. Cela suggère que même une infection asymptomatique ou légère pourrait laisser des traces subtiles dans le cerveau.
Cette étude souligne la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les effets à long terme du COVID-19 sur le cerveau. Des études longitudinales, suivant les patients sur une période prolongée, pourraient permettre de suivre l’évolution de ces changements et de développer des approches thérapeutiques ciblées. Les résultats pourraient également avoir des implications pour d’autres syndromes post-viraux, tels que le syndrome de fatigue chronique, où des mécanismes similaires pourraient être impliqués.
