Home MondeEn Iran, la chute du Shah en 1979 fait écho aux manifestations d’aujourd’hui

En Iran, la chute du Shah en 1979 fait écho aux manifestations d’aujourd’hui

by Clara Dubois

L’Iran est le théâtre de manifestations d’une ampleur inédite depuis des décennies, ravivant les souvenirs de la révolution islamique de 1979. Des centaines de milliers de personnes ont défié la répression pour exprimer leur colère face à la situation économique et politique du pays, tandis que le régime tente de couper les communications et de réprimer les protestations avec une violence croissante.

Les troubles actuels ont éclaté après la mort de Mahsa Amini en 2022, mais ils s’inscrivent dans une longue série de contestations sociales en Iran. En 2009, des accusations de fraude électorale avaient déjà provoqué des soulèvements, et en 2017, des revendications économiques s’étaient transformées en manifestations de rue. Cependant, la vague de protestations actuelle se distingue par son ampleur et par la force des slogans anti-gouvernementaux.

Un tournant majeur a été observé lorsque les commerçants du Grand Bazar de Téhéran, traditionnellement conservateurs et peu enclins à s’impliquer dans la politique, ont fermé leurs magasins en signe de protestation contre l’inflation et la dévaluation de la monnaie iranienne. Leur soutien a rapidement entraîné une propagation des manifestations dans tout le pays, avec un nouveau cri de ralliement : « Mort à Khamenei ! », en écho aux slogans « Mort au Shah ! » qui résonnaient lors de la révolution de 1979.

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, a réagi en coupant l’accès à Internet et en ordonnant une répression plus sévère. Les organisations de défense des droits de l’homme font état de plusieurs centaines de manifestants tués depuis le début des troubles. Malgré ces mesures, le régime semble confronté à un défi sans précédent.

L’exil de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah, a également joué un rôle dans la mobilisation. Bien qu’il ne bénéficie pas du même soutien populaire que l’ayatollah Khomeini à son retour d’exil, il a appelé à la résistance et a contribué à coordonner les protestations via les réseaux sociaux.

Le régime iranien s’appuie sur le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et le Basij, une milice paramilitaire, pour maintenir l’ordre. Jusqu’à présent, aucun signe de dissidence n’a été observé au sein de ces forces, mais l’histoire a montré que la loyauté de l’armée peut vaciller face à une contestation populaire massive. Le Shah, avant sa chute, avait tenté de calmer la situation en promettant des réformes, mais ces efforts étaient arrivés « trop tard », selon un ami du Shah, le roi Hussein de Jordanie.

À ce stade, l’issue de la crise reste incertaine. La capacité du régime à réprimer les protestations et à répondre aux revendications économiques et politiques de la population déterminera son avenir. L’intervention éventuelle du président américain Donald Trump pourrait également jouer un rôle crucial dans l’évolution de la situation.

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