Publié le 16 janvier 2026 à 05h40. L’activité physique, même modérée, pourrait être aussi efficace que les antidépresseurs ou la psychothérapie pour lutter contre la dépression, selon une vaste analyse scientifique. Des chercheurs soulignent l’importance d’adapter l’exercice aux préférences individuelles pour garantir une pratique durable.
- Une étude de grande envergure confirme l’efficacité de l’exercice physique dans la réduction des symptômes dépressifs.
- L’activité physique légère à modérée s’avère plus bénéfique qu’un entraînement intense.
- Des recherches complémentaires suggèrent que même de courtes séances d’exercice vigoureux peuvent avoir des effets positifs sur la santé, notamment dans la prévention du cancer du côlon.
La dépression, un problème de santé majeur touchant plus de 280 millions de personnes dans le monde, pourrait trouver une réponse inattendue : l’activité physique régulière. Une équipe de chercheurs de l’Université du Lancashire, au Royaume-Uni, a analysé les données de 73 essais cliniques randomisés et contrôlés, impliquant près de 5 000 adultes souffrant de dépression. Leurs conclusions, publiées récemment, démontrent que l’exercice réduit significativement les symptômes dépressifs, tels que la tristesse et l’isolement social, avec une efficacité comparable à celle des traitements conventionnels.
« Cette nouvelle analyse confirme que l’exercice peut être aussi efficace que les antidépresseurs et la thérapie cognitivo-comportementale », a déclaré Andrew Clegg, auteur principal de l’étude. Il ajoute que l’activité physique représente une « option sûre et abordable pour aider à gérer les symptômes de la dépression ». L’exercice présente l’avantage d’être facilement accessible et d’offrir des bénéfices supplémentaires pour la santé globale, ce qui en fait une alternative attrayante tant pour les patients que pour les professionnels de santé.
Un aspect surprenant de cette recherche est que l’intensité de l’exercice ne semble pas être un facteur déterminant. Au contraire, une activité légère à modérée, comme la marche rapide ou le jardinage, s’avère plus efficace qu’un entraînement intense. Les chercheurs avancent que les exercices moins exigeants sont plus faciles à intégrer et à maintenir sur le long terme, tandis que les entraînements intensifs peuvent conduire à l’épuisement et à l’abandon.
L’étude précise que réaliser entre 13 et 36 séances d’exercice léger à modéré est associé à une amélioration significative des symptômes dépressifs. Bien qu’aucun type d’activité ne se distingue particulièrement, les programmes combinant différents types d’exercices et l’entraînement en résistance semblent plus efficaces que l’aérobic seul.
Pour que l’exercice soit réellement bénéfique, il est crucial de l’adapter aux besoins et aux préférences de chaque individu. « Il est important de trouver des approches que les individus sont disposés et capables de maintenir », soulignent les auteurs de l’étude. Brendon Stubbs, neuroscientifique au King’s College de Londres, qui n’a pas participé à la recherche, insiste sur la nécessité d’une approche personnalisée : « Les décisions concernant le changement ou la combinaison des approches doivent être prises en collaboration avec les prestataires de soins de santé, en tenant compte des circonstances individuelles. »
Les chercheurs reconnaissent que des études supplémentaires sont nécessaires pour approfondir la compréhension des effets de l’exercice sur la dépression. Certaines formes d’activité physique, comme le yoga ou les étirements, n’ont pas été incluses dans l’analyse. De plus, les effets à long terme restent incertains, car peu d’études ont suivi les participants au-delà de la période de traitement.
Parallèlement à ces découvertes sur la dépression, d’autres recherches récentes mettent en évidence les bienfaits de l’exercice sur d’autres aspects de la santé. Une étude publiée en décembre dans l’International Journal of Cancer montre que seulement 10 minutes d’activité physique soutenue, comme un pédalage intense, peuvent déclencher des changements biologiques capables de lutter contre le cancer du côlon. Ces courtes périodes d’exercice suffisent à libérer des molécules bénéfiques dans la circulation sanguine, stoppant ainsi le développement du cancer et accélérant la réparation des dommages à l’ADN.
« Ce qui est remarquable, c’est que l’exercice ne profite pas seulement aux tissus sains, il envoie des signaux puissants à travers le sang qui peuvent influencer directement des milliers de gènes dans les cellules cancéreuses », explique Sam Orange, physiologiste à l’Université de Newcastle au Royaume-Uni. Selon lui, cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre le cancer. « Même un seul entraînement peut faire la différence… Cela nous rappelle que chaque étape, chaque séance compte lorsqu’il s’agit de faire tout ce que vous pouvez pour protéger votre santé », conclut-il.
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