Publié le 16 janvier 2026 à 09h07. Une jeune Britannique de 30 ans témoigne d’une dépendance insoupçonnée aux sprays nasaux décongestionnants, utilisée depuis l’enfance pour soigner un simple rhume. Cette histoire, révélée par l’émission Good Morning Britain, met en lumière un problème de santé publique croissant et les risques d’une utilisation prolongée de ces produits.
- Une dépendance aux sprays nasaux décongestionnants peut entraîner des dommages irréversibles aux voies respiratoires.
- 60 % des pharmaciens estiment que les patients ignorent les risques liés à une utilisation prolongée de ces produits.
- Des experts plaident pour un affichage plus clair des avertissements sur les emballages et envisagent de limiter la vente de ces sprays à la prescription médicale.
Charlotte Johnstone, 30 ans, raconte avoir développé une véritable addiction au spray nasal qu’elle utilisait dès l’âge de 7 ou 8 ans pour soulager un rhume. Pendant 23 ans, elle a été incapable de s’en passer, une situation qu’elle décrit comme une « bataille de dépendance ». Son témoignage, diffusé dans l’émission Good Morning Britain, est un avertissement poignant pour des millions de personnes.
Charlotte explique qu’elle associait l’utilisation du spray à une sensation de « fraîcheur » et de nez dégagé. Aujourd’hui, elle en utilise jusqu’à huit fois par jour. L’absence de spray provoque chez elle des palpitations cardiaques et des crises de panique. Elle a même été amenée à conduire pendant des heures en pleine nuit pour en trouver, allant jusqu’à arracher les bouchons des flacons avec ses dents pour récupérer les dernières gouttes.
Les autorités sanitaires anglaises tirent la sonnette d’alarme face à l’augmentation des cas de dépendance aux sprays décongestionnants, notamment ceux contenant de l’oxymétazoline et de la xylométazoline. Une utilisation excessive peut entraîner des dommages irréversibles aux voies respiratoires, voire des déformations faciales.
Le pharmacien Sanjeev Panesar explique le mécanisme de la congestion de rebond, également connue sous le nom de rhinite médicamenteuse :
« Lors d’une première utilisation, le spray resserre les vaisseaux sanguins, réduisant ainsi l’inflammation et améliorant le flux d’air. Cependant, après plus de sept jours d’utilisation continue, le corps s’habitue et nécessite des doses de plus en plus importantes pour obtenir le même effet. Lorsque l’on arrête le spray, le corps réagit de manière excessive en dilatant les veines, ce qui provoque une inflammation et une sensation de nez bouché, même en l’absence de mucus. »
Sanjeev Panesar, pharmacien
Une récente étude menée par la Royal Pharmaceutical Society (RPS) révèle l’ampleur du problème :
- 60 % des pharmaciens estiment que les patients ne sont pas conscients des risques liés à une utilisation prolongée de ces sprays.
- Un cinquième des utilisateurs dépasse la durée d’utilisation recommandée de sept jours.
- Certains patients souffrant d’une congestion chronique peuvent nécessiter une intervention chirurgicale pour résoudre leurs problèmes respiratoires.
Charlotte Johnstone estime que les avertissements sur les emballages devraient être plus explicites, non seulement en indiquant la durée maximale d’utilisation (« Ne pas utiliser pendant plus de X jours »), mais aussi en expliquant pourquoi il ne faut pas dépasser cette limite (le risque de congestion de rebond).
Les experts soulignent qu’il est généralement possible de se sevrer progressivement des sprays nasaux décongestionnants. Dans les cas les plus sévères, comme celui de Charlotte, un traitement à base de corticostéroïdes peut être nécessaire pour permettre au nez de se rétablir. Charlotte a d’ailleurs raconté avoir vécu une crise de panique lorsqu’un spécialiste lui a demandé de « jeter le spray », soulignant la dimension psychologique de cette addiction.
Des propositions sont en cours pour améliorer la réglementation concernant la vente de ces produits. Les experts de la département de la Santé et des Soins sociaux souhaitent que l’avertissement concernant la durée maximale d’utilisation soit affiché de manière plus visible sur les emballages. Certaines victimes réclament même que ces médicaments soient vendus uniquement sur ordonnance et sous contrôle médical.
La plupart des patients dépendants peuvent se libérer de cette addiction sans dommages permanents en passant à des sprays à base de corticostéroïdes, sous la supervision d’un médecin, ou en suivant une méthode de réduction progressive.
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