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Ce que nous savons du « grand plan de santé » de Trump

by Sophie Martin

Publié le 16 janvier 2026 à 18h44. Afin de rassurer les électeurs américains sur sa politique en matière de santé, le président Donald Trump a dévoilé jeudi son plan pour maîtriser la flambée des coûts, une proposition qui s’appuie largement sur des orientations générales et laisse au Congrès la tâche de légiférer.

  • Le plan de Donald Trump ne prévoit pas de prolonger les subventions à l’assurance maladie mises en place par l’Affordable Care Act (ACA), ce qui pourrait entraîner une hausse des primes pour plus de 20 millions d’Américains en 2026.
  • Il s’articule autour de la réduction des prix des médicaments, de la transparence des tarifs hospitaliers et de la possibilité pour les consommateurs de bénéficier d’une aide financière directe pour souscrire une assurance.
  • Le président Trump compte également sur des accords volontaires avec les fabricants de médicaments et les assureurs pour faire baisser les prix, tout en promettant de sanctionner les intermédiaires financiers qui gonflent les coûts.

La présentation de ce plan intervient alors que les primes d’assurance santé, qu’il s’agisse des régimes d’entreprise, des échanges créés par l’Obamacare ou de Medicare, continuent d’augmenter. Donald Trump a d’ailleurs annoncé son intention de rencontrer prochainement les assureurs pour les inciter à réduire leurs tarifs, comme il l’a déjà fait avec les laboratoires pharmaceutiques en les pressant de baisser leurs prix. Une lettre adressée aux fabricants de médicaments en témoigne.

« Vous pouvez avoir d’excellents soins de santé à un prix bien inférieur », a déclaré le président Trump vendredi lors d’un événement consacré à la santé en milieu rural. « C’est la plus grande chose qui soit jamais arrivée aux soins de santé dans notre pays. »

Le plan de Donald Trump s’articule autour de plusieurs axes principaux. Il appelle le Congrès à officialiser les accords de « Nation la plus favorisée » qu’il a signés avec seize fabricants de médicaments. Ces accords prévoient que ces entreprises vendront leurs produits à Medicaid et lanceront de nouveaux médicaments aux États-Unis aux prix les plus bas pratiqués dans d’autres pays développés. Les gouvernements de ces pays négocient ou fixent souvent les prix des médicaments.

En outre, les fabricants de médicaments se sont engagés à proposer certains médicaments à prix réduit aux patients qui paient comptant, via un programme appelé TrumpRx, dont le lancement est imminent. En échange, ils bénéficieront d’une suspension de trois ans des droits de douane sur les importations pharmaceutiques.

Cependant, des experts s’interrogent sur l’impact réel de ces accords sur le coût global des médicaments pour la majorité des Américains.

Le plan prévoit également de faciliter la vente en libre accès d’un plus grand nombre de médicaments sur ordonnance, notamment certains traitements contre les ulcères et des anti-inflammatoires non stéroïdiens à forte dose, selon Mehmet Oz, administrateur des Centers for Medicare et Medicaid Services.

Donald Trump souhaite également que les subventions fédérales soient versées directement aux consommateurs plutôt qu’aux assureurs, afin de leur permettre de choisir eux-mêmes leur assurance. Cette mesure pourrait permettre aux personnes en bonne santé de trouver des contrats moins chers, mais elle risque d’augmenter les coûts pour les assurés les plus malades et de fragiliser les échanges créés par l’Obamacare.

Le plan demande également au Congrès de rétablir le financement des subventions de réduction des frais (cost-sharing reductions) de l’Obamacare, qui aident les personnes à faible revenu à payer leur part des frais médicaux. Donald Trump avait supprimé ce soutien pendant son premier mandat, ce qui avait entraîné une augmentation des primes des plans d’assurance de niveau argent.

Selon le Congressional Budget Office, le financement de ces subventions permettrait d’économiser 36 milliards de dollars sur dix ans et de réduire les primes de certains plans, mais de nombreux assurés pourraient finir par payer plus cher pour d’autres contrats.

Le plan de Donald Trump vise également à « mettre fin aux pots-de-vin » versés par les gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBM) aux courtiers, ce qui contribue à l’augmentation des coûts de l’assurance maladie. Le Congrès travaille depuis des années à réformer ce secteur opaque, mais n’a pas encore adopté de législation. Les PBM affirment qu’ils jouent un rôle essentiel dans la réduction des prix des médicaments et imputent la hausse des coûts aux fabricants.

En outre, le plan exige que les assureurs publient leurs tarifs et leurs couvertures dans un langage clair et simple, ainsi que la part de leurs revenus consacrée aux prestations par rapport aux frais généraux et aux bénéfices. Les assureurs sont déjà tenus, en vertu de la loi sur les soins abordables, de consacrer 80 à 85 % de leurs primes aux soins médicaux.

Enfin, les assureurs devront également indiquer le pourcentage de demandes de remboursement rejetées et les délais d’attente moyens pour les soins courants. Les refus de demandes d’autorisation préalable sont une source de préoccupation croissante pour de nombreux patients et prestataires, et les assureurs se sont engagés à améliorer leurs pratiques à ce sujet.

Le plan prévoit également que tous les prestataires de soins de santé et les assureurs qui acceptent Medicare ou Medicaid affichent leurs prix et leurs frais sur leur site web. La première administration Trump avait déjà exigé des hôpitaux et des assureurs qu’ils publient certains prix, mais les experts estiment que ces informations sont souvent difficiles à comprendre pour les patients et que les prix affichés ne reflètent pas toujours le coût réel des soins.

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