Donald Trump a ouvertement conditionné l’engagement américain au sein de l’OTAN à l’acquisition par les États-Unis du Groenland, ravivant les tensions avec ses alliés et suscitant des inquiétudes quant à la stabilité de l’alliance militaire. Le président américain a menacé de sanctions économiques et même d’un retrait de l’OTAN si ses demandes ne sont pas satisfaites.
Interrogé le 16 janvier sur la possibilité de quitter l’OTAN si les autres membres ne soutenaient pas son projet d’acquérir le territoire danois, M. Trump a répondu de manière évasive : « Nous verrons. » Il a ensuite insisté sur l’importance stratégique du Groenland pour la sécurité nationale américaine, évoquant notamment un « trou » béant en matière de défense sans le contrôle de l’île, en particulier concernant le « Dôme d’Or », un système de défense antimissile spatial envisagé.
Plus tôt, M. Trump avait déjà brandi la menace de droits de douane contre les pays ne soutenant pas ses ambitions au Groenland. Depuis plusieurs mois, il exprime son désir de voir les États-Unis prendre le contrôle de ce territoire, dans un contexte de rivalité accrue en Arctique avec la Russie et la Chine. Ces tentatives se heurtent à l’opposition ferme des autorités groenlandaises et danoises.
M. Trump justifie ses demandes en soulignant le potentiel minier inexploité du Groenland et en affirmant que la Chine et la Russie ont également des visées sur l’île. Des dirigeants européens, dont le Danemark, ont réaffirmé que les États-Unis n’ont aucun droit de contrôler le Groenland.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a indiqué avoir eu une conversation « cordiale » avec son homologue américain, Marco Rubio, au cours de laquelle il a souligné l’importance de la sécurité de la région arctique au sein de l’OTAN. Par ailleurs, une délégation de sénateurs et de représentants américains s’est rendue à Copenhague le 16 janvier pour rencontrer des responsables politiques danois et groenlandais, dont la Première ministre danoise, Mette Frederiksen.
Le sénateur Chris Coons a salué les 225 années d’alliance et de partenariat de confiance entre les États-Unis et le Danemark, soulignant l’importance de pérenniser cette relation. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a quant à lui clairement exprimé la préférence de son peuple : « Nous choisissons l’OTAN. Nous choisissons le Royaume du Danemark. Nous choisissons l’UE. »