Publié le 17 janvier 2026 à 16h22. La survie des pubs gallois est menacée par une hausse des taxes professionnelles et une crise économique persistante, poussant certains propriétaires à solliciter l’aide de leurs enfants pour maintenir leur activité à flot.
- Des pubs gallois craignent une augmentation significative de leurs factures de taxes professionnelles suite à des changements prévus en avril.
- Des propriétaires de pubs, comme James Graham à Port Talbot, sont contraints de faire appel à leur famille pour compenser le manque de personnel dû aux difficultés financières.
- La British Beer and Pub Association (BBPA) appelle le gouvernement gallois à suivre l’exemple du gouvernement britannique et à revoir les modifications prévues des taxes.
La situation est critique pour de nombreux pubs au Pays de Galles. James Graham, propriétaire de la taverne Tyn Y Twr à Port Talbot, illustre cette réalité. Il doit désormais compter sur l’aide de ses enfants pour assurer le service, faute de pouvoir embaucher du personnel. « C’est devenu trop cher de gérer un pub à moitié vide », confie-t-il. Il a réduit les jours d’ouverture de sept à cinq, une mesure drastique pour tenter de limiter les pertes.
Les difficultés de James Graham ne sont pas isolées. Les pubs gallois s’inquiètent des changements à venir concernant les taxes professionnelles. Le gouvernement britannique prévoit une baisse des réductions de taxes accordées pendant la pandémie, et l’annonce d’une modification de la méthode de calcul de ces taxes en Angleterre, prévue dans les prochains jours, inquiète les professionnels. Une annonce devrait préciser les modalités de cette modification.
Le gouvernement gallois assure avoir déjà mis en place des mesures d’allègement significatives. Un porte-parole a déclaré que « près de la moitié de tous les pubs du Pays de Galles continueront de bénéficier de l’allègement des taxes pour les petites entreprises l’année prochaine, et plus d’un quart ne paieront aucun impôt ». Le gouvernement gallois a également indiqué avoir fourni plus d’un milliard de livres sterling (environ 1,17 milliard d’euros) de soutien temporaire aux entreprises de vente au détail, de loisirs et d’hôtellerie depuis 2020.
À Cardiff, David Rowlands a récemment fermé les portes de son pub, le North Star, au soir du Nouvel An. Il travaillait 100 heures par semaine pour tenter de sauver son entreprise, en remplaçant lui-même son personnel. Il craint que la multiplication des fermetures de pubs ne conduise à « la perte d’une partie de notre héritage culturel ». Il estime qu’il aurait été préférable de travailler à temps partiel dans un autre secteur plutôt que de s’investir autant dans son pub.
Selon David, la rentabilité des pubs est de plus en plus compromise. Une pinte de bière, vendue 4,50 £ (environ 5,30 €), ne rapporte qu’environ 15 pence (environ 0,18 €) de marge à son établissement. Il souligne également que les brasseries augmentent leurs prix plus fréquemment qu’auparavant.
La British Beer and Pub Association (BBPA) tire la sonnette d’alarme. Emma McClarkin, PDG de la BBPA, a déclaré que les pubs gallois étaient « déjà accablés par des impôts et des taxes professionnelles écrasants, mais les changements proposés les placeront dans une position impossible ». Elle insiste sur la nécessité d’un allègement significatif des taxes professionnelles spécifiques aux pubs pour éviter de nouvelles fermetures.
Selon les chiffres de la BBPA, plus de 200 pubs ont fermé leurs portes au Pays de Galles entre 2019 et 2024. Le Pays de Galles a connu un taux de fermeture plus élevé que l’Angleterre, avec 6,6 % de pubs ayant disparu contre 4,3 % en Angleterre sur la même période.
David Chapman, directeur exécutif de UK Hospitality Wales, souligne que les pubs sont soumis à une multitude d’impôts. Il insiste sur l’importance des pubs pour la communauté, en tant que lieux de convivialité et de rencontres.