Publié le 17 janvier 2024 15:11:00. L’ancien président américain Donald Trump met en place un ensemble de conseils pour la reconstruction de Gaza après le cessez-le-feu, suscitant des réactions diverses et des interrogations sur la coordination avec Israël et les Palestiniens.
- Des dirigeants égyptien, turc, argentin et canadien ont manifesté leur intérêt à rejoindre le « Conseil de la paix » initié par Donald Trump.
- La composition du comité palestinien chargé de gouverner Gaza après le conflit est contestée par Israël.
- Le général de division américain Jasper Jeffers a été nommé à la tête d’une force internationale de stabilisation pour assurer la sécurité dans la bande de Gaza.
Donald Trump s’est lancé dans la constitution de plusieurs organes consultatifs pour définir l’avenir de Gaza, après plus de deux ans de bombardements israéliens et la mise en place d’un cessez-le-feu fragile. L’ancien président américain s’est d’ores et déjà désigné comme président du « Conseil de la paix », un organisme dont l’objectif affiché est de superviser le développement économique du territoire palestinien dévasté.
Parmi les premières nominations, on retrouve le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que les négociateurs Jared Kushner et Steve Witkoff, figures clés de l’administration Trump. Plusieurs dirigeants internationaux ont rapidement exprimé leur souhait de participer à cette initiative. Le Premier ministre canadien a indiqué, par l’intermédiaire d’un de ses collaborateurs, qu’il comptait accepter l’invitation de M. Trump. En Turquie, un porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan a annoncé avoir été invité à devenir « membre fondateur » du conseil d’administration. L’Égypte, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty, se dit en train d’« étudier » la demande d’adhésion du président Abdel Fattah al-Sisi. Le président argentin Javier Milei a quant à lui exprimé sur le réseau social X son enthousiasme, affirmant qu’il serait « un honneur » de participer à cette initiative.
Tony Blair, dont le rôle dans l’invasion de l’Irak en 2003 reste controversé au Moyen-Orient, a déclaré dans un communiqué :
« Je remercie le président Trump pour son leadership dans la création du Conseil de la paix et je suis honoré d’être nommé à son conseil exécutif. »
Tony Blair
M. Trump avait lui-même déclaré l’année dernière vouloir s’assurer que M. Blair serait un « choix acceptable pour tous ».
Parallèlement à ce « Conseil de la paix », M. Trump a créé un second organisme, un « conseil exécutif de Gaza », dont le rôle serait davantage consultatif. La composition précise de ces deux structures reste floue, la Maison Blanche indiquant que d’autres membres seront nommés prochainement. Parmi les personnalités déjà désignées figurent Ajay Banga, le président de la Banque mondiale, Marc Rowan, un financier milliardaire américain, et Robert Gabriel, un proche collaborateur de Trump au sein du Conseil de sécurité nationale des États-Unis.
La réaction d’Israël ne s’est pas fait attendre. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié un communiqué dénonçant le fait que la composition du comité palestinien de technocrates chargé de gouverner Gaza après le conflit n’ait pas été coordonnée avec Israël, et qu’elle aille à l’encontre de sa politique.
« L’annonce concernant la composition du Conseil exécutif de Gaza, qui est subordonné au Conseil de la paix, n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique. »
Bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu
Le Premier ministre a chargé son ministre des Affaires étrangères de contacter le secrétaire d’État américain à ce sujet.
Washington a précisé que le plan pour Gaza était passé à une deuxième phase, axée sur le désarmement du Hamas, dont l’attaque contre Israël en octobre 2023 a déclenché l’offensive militaire israélienne. Dans ce cadre, le général de division américain Jasper Jeffers a été nommé à la tête d’une Force internationale de stabilisation, chargée d’assurer la sécurité à Gaza et de former une nouvelle force de police pour succéder au Hamas. M. Jeffers, issu des opérations spéciales du commandement central américain, avait déjà supervisé le cessez-le-feu entre le Liban et Israël à la fin de l’année 2024.
Ali Shaath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne, a été nommé à la tête du comité directeur palestinien. Donald Trump a par ailleurs évoqué l’idée de transformer Gaza en une zone de villégiature de style Riviera, tout en affirmant avoir renoncé aux appels au déplacement forcé de la population.
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