Publié le 17 janvier 2026 à 21h37. La scène du Kammerspiele de Vienne a accueilli la première de « La Leçon de Danse » de Mark St.Germain, une pièce qui, malgré des attentes élevées, laisse une impression mitigée, oscillant entre psychologie brute et clichés éculés.
- La pièce met en scène la rencontre improbable entre un professeur de géosciences autiste et une ancienne danseuse contrainte par un accident.
- L’intrigue repose sur une demande singulière : un cours de danse financé par une somme considérable.
- La critique souligne un manque d’originalité dans l’écriture et une mise en scène qui peine à émouvoir véritablement.
Le Kammerspiele der Josefstadt, à Vienne, a présenté en première représentation, le 17 janvier 2026, « La Leçon de Danse » (The Dance Lesson) de l’auteur américain Mark St.Germain. La répétition générale avait précédé cet événement, qui avait déjà affiché complet, témoignant de l’intérêt du public pour ce titre prometteur. Pourtant, la pièce, écrite initialement en 2014, ne semble pas avoir pleinement satisfait les attentes.
L’histoire se concentre sur deux personnages que tout semble opposer. D’un côté, un homme passionné par les sciences, professeur de géosciences, atteint d’autisme et préférant les ouvrages d’Einstein aux bandes dessinées. De l’autre, une ancienne danseuse professionnelle, dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident, et qui voit en ce cours de danse une opportunité financière. Leur rencontre est orchestrée par Ever, un personnage excentrique, qui propose une somme conséquente à la danseuse pour qu’elle donne des leçons à l’homme.
La pièce s’articule autour de ce processus d’apprentissage, mais l’auteur semble s’être contenté d’une approche prévisible. Le spectateur assiste aux étapes classiques du rapprochement entre les deux protagonistes, jusqu’à une scène, avant l’entracte, où leur relation prend une tournure plus intime. Après la pause, la pièce bascule dans une irréalité stylisée, avec une tentative de reproduction d’une chorégraphie à la Fred Astaire et Ginger Rogers, qui s’avère être l’un des moments les plus difficiles pour les acteurs.
La mise en scène, signée Folke Braband, s’appuie sur un décor sobre et une tentative de susciter l’empathie du public, notamment en soulignant la précarité financière des personnages. Cependant, ces efforts restent en grande partie vains. Le résultat final est qualifié de « minimal » par la critique.
La performance des acteurs est toutefois saluée. André Pohl, transformé par le travail de la maquilleuse, incarne avec justesse la timidité, l’anxiété et la singularité de son personnage, tout en conservant une certaine supériorité intellectuelle. Catherine, quant à elle, dont le départ de la troupe est annoncé, interprète avec émotion la danseuse initialement réticente, puis touchée par la vulnérabilité de son élève. La critique suggère que ce rôle d’adieu aurait pu être plus valorisant pour l’actrice.
Malgré ses défauts, la pièce a trouvé son public, qui a applaudi un spectacle qu’il a perçu comme une réalité, malgré son caractère kitsch et figé.
Renate Wagner

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