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L’UE et le Mercosur signent un accord commercial après 25 ans de négociations

Publié le 27 juin 2024 14:55:00. L’Union européenne et le Mercosur ont paraphé un accord de libre-échange historique au Paraguay, après plus de vingt ans de négociations. Cet accord, le plus vaste jamais conclu par l’UE, vise à…

L’UE et le Mercosur signent un accord commercial après 25 ans de négociations

Publié le 27 juin 2024 14:55:00. L’Union européenne et le Mercosur ont paraphé un accord de libre-échange historique au Paraguay, après plus de vingt ans de négociations. Cet accord, le plus vaste jamais conclu par l’UE, vise à dynamiser les échanges commerciaux entre les deux régions, mais suscite des inquiétudes quant à ses impacts environnementaux et agricoles.

  • L’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur a été signé à Asunción, au Paraguay, le samedi 22 juin 2024.
  • Il doit encore être approuvé par le Parlement européen et ratifié par les législatures des pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).
  • L’accord vise à réduire les droits de douane et à stimuler les échanges commerciaux, mais soulève des préoccupations concernant les importations à bas prix et la déforestation.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont participé à la cérémonie de signature, aux côtés des présidents des pays du Mercosur. Seul le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, était représenté par son ministre des Affaires étrangères.

Cet accord de libre-échange, qui représente un marché potentiel de 700 millions de personnes, est le fruit de plus de 25 ans de négociations. Il devrait permettre de supprimer ou de réduire significativement les droits de douane sur de nombreux produits, facilitant ainsi les échanges commerciaux entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). En 2024, le commerce entre l’UE et le Mercosur a atteint une valeur de 111 milliards d’euros (environ 120 milliards de dollars). L’UE exporte principalement des machines, des produits chimiques et du matériel de transport, tandis que le Mercosur se concentre sur les produits agricoles, les minéraux, la pâte à bois et le papier.

Malgré l’enthousiasme affiché par les responsables européens, l’accord n’est pas exempt de critiques. Des agriculteurs et des groupes environnementaux expriment leur inquiétude face à une possible augmentation des importations de produits agricoles sud-américains à bas prix, qui pourrait pénaliser les producteurs européens. Ils craignent également que l’accord n’entraîne une accélération de la déforestation en Amazonie, en raison de la demande accrue de terres pour l’agriculture.

Ursula von der Leyen a tenté de rassurer les critiques, affirmant que l’accord créerait la plus grande zone de libre-échange au monde et qu’il s’agissait d’un choix en faveur d’un commerce équitable.

« Cet accord envoie un message très fort au monde. Il reflète un choix clair et délibéré. Nous choisissons le commerce équitable plutôt que les droits de douane. Nous choisissons un partenariat productif et à long terme plutôt que l’isolement. »

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Antonio Costa a souligné l’importance de cet accord dans un contexte géopolitique de plus en plus incertain.

« Cet accord aidera nos deux blocs à naviguer dans un environnement politique de plus en plus turbulent sans abandonner nos valeurs, marquant une véritable étape dans le renforcement de notre sécurité économique. »

Antonio Costa, président du Conseil européen

Du côté du Mercosur, Luiz Inacio Lula da Silva a estimé que l’accord ouvrirait de nouvelles opportunités commerciales et attirerait des investissements. Le gouvernement brésilien a d’ailleurs annoncé qu’il était en négociations avec d’autres pays, tels que les Émirats arabes unis, le Canada et le Vietnam, afin de diversifier ses partenaires commerciaux. Il cherche également à étendre un accord de préférences tarifaires avec l’Inde.

L’accord intervient dans un contexte international marqué par des tensions commerciales croissantes. Juste avant la cérémonie de signature, l’ancien président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires à huit pays européens si les États-Unis ne pouvaient pas acquérir le Groenland.

La prochaine étape cruciale sera l’approbation de l’accord par le Parlement européen et sa ratification par les législatures des pays membres du Mercosur. Le calendrier de cette ratification reste incertain, compte tenu des préoccupations exprimées par certains acteurs économiques et environnementaux.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.