Donald Trump propose aux dirigeants mondiaux une voie coûteuse vers l’influence au sein d’un nouveau conseil dédié à la paix au Moyen-Orient : un siège permanent en échange d’un don d’un milliard de dollars (environ 927 millions d’euros). Cette initiative, présentée comme une alternative à l’ONU, suscite des interrogations sur la transparence et l’utilisation des fonds.
Selon la charte de ce « Conseil de la Paix », dont les détails ont été révélés, l’adhésion pour une durée initiale de trois ans est conditionnée par un financement substantiel. Les États membres désireux d’une présence durable peuvent éviter le processus de renouvellement en versant plus d’un milliard de dollars américains (environ 927 millions d’euros) dès la première année. L’affectation précise de ces fonds n’est pas explicitement définie dans le document, qui se contente d’évoquer le financement de la reconstruction et de projets de revitalisation à Gaza, et potentiellement au-delà.
« Le monde entier s’aligne pour rejoindre l’effort historique du président Trump afin d’apporter la paix au Moyen-Orient et de créer un avenir pacifique et prospère pour la population de Gaza », a déclaré Dylan Johnson, porte-parole de la Maison Blanche, dans un communiqué. L’administration Trump ambitionne de créer une organisation plus agile et efficace que l’ONU, qu’elle juge souvent inefficace.
Le Conseil de la Paix a été approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre dernier dans le cadre du plan en 20 points de Trump pour Gaza. Cependant, la charte du nouveau conseil laisse entrevoir une ambition plus large, visant à devenir un véritable rival de l’ONU. Le préambule souligne la nécessité d’un « organisme international de consolidation de la paix plus agile et plus efficace » et critique les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué ».
La première phase du plan de paix de Trump, axée sur la « démilitarisation complète et la reconstruction de Gaza », a été annoncée mercredi par Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain. Elle prévoit également la mise en place d’une « administration palestinienne technocratique de transition ». Le Conseil de la Paix aura pour mission de superviser ces efforts.
Le conseil d’administration du Conseil de la Paix, son comité opérationnel, a été constitué cette semaine. Il comprend des personnalités de premier plan telles que le secrétaire d’État Marco Rubio, Jared Kushner (gendre et conseiller de Trump), l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, Ajay Banga (président de la Banque mondiale), le financier Marc Rowan, Robert Gabriel (conseiller adjoint à la sécurité nationale) et Steve Witkoff. Un groupe distinct de technocrates palestiniens, dirigé par Ali Sha’ath, sera responsable de la gestion quotidienne de Gaza.
D’autres annonces concernant le Conseil de la Paix sont attendues lors du Forum économique mondial de Davos, qui débute lundi. Trump a affirmé que le conseil comprendrait « les dirigeants les plus importants des nations les plus importantes ». Il a envoyé des lettres d’invitation à plusieurs chefs d’État et de gouvernement, dont le président argentin Javier Milei, qui a publié une copie de la lettre sur X, et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, selon son chef de cabinet de communication. Le Premier ministre canadien Mark Carney a également accepté de rejoindre le conseil, selon le journal The Globe and Mail.
Cette initiative s’inscrit dans le contexte du mépris affiché par Trump à l’égard de l’ONU. Lors de son discours devant l’Assemblée générale en septembre dernier, il avait interrogé l’utilité de l’organisation et affirmé avoir dû intervenir pour mettre fin à des conflits que l’ONU était incapable de gérer. Trump, qui aspire au prix Nobel de la paix, semble vouloir créer une organisation qui lui soit propre, avec le mot « Paix » dans son nom.
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