Moscou fait face à une crise économique croissante, conséquence de la chute des prix de l’énergie et d’un rouble anormalement fort. Les revenus tirés des exportations de pétrole et de gaz, pilier de l’économie russe, ont atteint leur plus bas niveau depuis 2020, fragilisant le budget de l’État et accentuant la pression sur le Kremlin.
- La baisse des prix du pétrole et du gaz a un impact majeur sur les revenus de l’État russe.
- Les sanctions occidentales, bien que présentes, sont moins déterminantes que la conjoncture mondiale des prix de l’énergie.
- La force inattendue du rouble complique davantage la situation financière de la Russie.
L’économie russe, fortement dépendante de ses ressources énergétiques, est confrontée à des difficultés majeures. En 2025, les revenus générés par les exportations de pétrole et de gaz ont chuté de 24 %, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2020. Cette baisse est due à une offre excédentaire sur le marché mondial et à une diminution de la demande, notamment de la part de la Chine, entraînant une chute de 18 % des prix du pétrole – la plus importante depuis le début de la pandémie de Covid-19.
Les conséquences pour le budget russe sont significatives. Les ventes d’énergie représentent environ 25 % des recettes fédérales, déjà mises à rude épreuve par l’augmentation des dépenses militaires. En 2025, ces dernières ont atteint 13 500 milliards de roubles (144 milliards d’euros), représentant plus de 30 % de l’ensemble des dépenses de l’État.
Si la pandémie de 2020 avait déjà provoqué un effondrement de la demande et une baisse des revenus énergétiques, les niveaux de production sont restés relativement élevés en 2025. Cependant, les analystes estiment que la baisse actuelle des prix est plus préjudiciable aux finances russes que les sanctions occidentales. Une analyse de Business AM confirme cette tendance.
La situation est aggravée par la hausse inattendue de la valeur du rouble face au dollar américain. Cette appréciation, combinée au fait que la Russie vend son énergie en dollars mais effectue ses dépenses en roubles, creuse le déficit budgétaire. Les coûts de production étant libellés en roubles, la rentabilité des ventes internationales diminue.
Par ailleurs, la politique de l’Union européenne visant à réduire progressivement ses importations d’énergie russe exerce une pression supplémentaire sur Moscou. La suspension des importations de gaz naturel liquéfié est prévue pour avril, suivie de celles de gaz naturel acheminé par pipeline en septembre 2027. Un embargo total sur les importations de pétrole russe est également envisagé d’ici la fin de 2024.
Même si la Hongrie et la Slovaquie restent des clients importants des hydrocarbures russes, la pression s’intensifie sur ces pays pour qu’ils cessent de financer l’effort de guerre russe. Les perspectives sombres pour Moscou se sont confirmées en décembre 2025, lorsque les revenus pétroliers et gaziers ont chuté à seulement 447,8 milliards de roubles (5 milliards d’euros), en forte baisse par rapport aux près de 800 milliards de roubles (8,8 milliards d’euros) enregistrés un an auparavant.
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(ns)
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