Publié le 18 janvier 2025 à 20h01. Après des mois de pression du marché, le gouvernement argentin a continué à acheter des dollars, tandis que les entreprises montrent un intérêt croissant pour le financement en devises, dans un contexte de réorganisation financière post-électorale.
- La Banque centrale et le Trésor ont repris leurs achats de devises étrangères, répondant à la demande du marché.
- Les entreprises, telles que Cresud, John Deere, Telecom et Banco Macro, ont activement recherché des financements en dollars.
- L’inflation reste une préoccupation majeure, avec des anticipations haussières sur le marché malgré des données mitigées.
Malgré les demandes récurrentes du marché au cours de la dernière année, le gouvernement argentin a poursuivi ses interventions sur le marché des changes, même lors de périodes de faible activité. En parallèle, le secteur privé affiche un regain d’appétit pour le financement en dollars, se traduisant par des émissions obligataires libellées en devises fortes. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de suppression des comptes régulateurs (CERA) et de restructuration des portefeuilles après la forte dollarisation observée pendant la période électorale.
Ces derniers jours, plusieurs grandes entreprises argentines, dont Cresud, John Deere, Telecom et Banco Macro, ont levé des fonds sur les marchés, à la fois en vertu de la législation locale et de la loi de New York, en réponse à une forte demande d’investissement en dollars.
« Vers la fin de 2025, après le soutien des États-Unis avant le processus électoral, la Banque centrale et le Trésor ont repris les achats de devises étrangères, indiquant clairement qu’ils comprenaient la demande du marché. »
Gaston Lentini, analyste
L’analyste Gaston Lentini souligne toutefois que l’achat de dollars ne suffit plus à faire face aux dettes accumulées. Le marché exige désormais des réserves nettes positives pour permettre une réduction significative du risque pays, et viser un niveau comparable à la moyenne latino-américaine, autour de 300 points de base. À ce jour, aucun plan clair n’a été annoncé pour atteindre cet objectif.
Un rapport de Solutions Financières F2 met en évidence une corrélation entre l’amélioration de la dette en dollars et l’accélération de l’accumulation de réserves. Cependant, le rapport avertit que la croissance de la positivité des taux en monnaie locale et la pause dans le processus de désinflation, avec des attentes d’une persistance de l’inflation au-dessus de 2 %, constituent des facteurs défavorables.
Par ailleurs, l’imminence du traitement de la réforme du travail suscite l’attention du marché, le risque politique étant toujours considéré comme une menace.
Cette semaine, le Fonds Monétaire International (FMI) a donné son accord pour la politique de la Banque centrale en matière d’accumulation de dollars. Le gouvernement a atteint son objectif d’excédent budgétaire nominal, et si le rythme actuel d’achats se maintient, il pourrait atteindre son objectif de réserves.
L’inflation, principale source d’incertitude
L’inflation se prête à deux interprétations. D’un côté, les données sont encourageantes, de l’autre, elles suscitent des inquiétudes. L’INDEC a annoncé un taux d’inflation de 2,8 % en décembre, ce qui porte l’inflation annuelle à 31,5 %, le niveau le plus bas depuis 2017. Cependant, l’indice des prix accélère depuis juillet, avec un rebond de l’inflation sous-jacente proche de 3 %. L’interprétation de ces données dépend donc de la perspective adoptée.
Selon un rapport de GMA Capital, la coexistence de corrections de prix réglementés en attente, d’une inflation des services élevée et d’un réalignement de certains prix relatifs a créé une dynamique plus lente au niveau désagrégé. Néanmoins, le rapport souligne que la cohérence de l’ancrage macroéconomique a permis de maintenir le cap tout au long de l’année. Malgré cette accélération vers la fin de l’année, la dynamique inflationniste reste plus contenue qu’en 2024, lorsque la nominalité avait atteint 117,8 %.
Ces données ont agi comme un “signal d’alarme” cette semaine, poussant les anticipations inflationnistes à la hausse. Les projections du marché prévoient désormais une inflation mensuelle moyenne de 2,1 % jusqu’en mai. Bien que le consensus s’attende toujours à une trajectoire descendante, la rapidité de ce processus est remise en question.
Le LECAP a repris de l’importance vers la fin de la semaine, soutenu par le dernier appel d’offres de dette du Trésor et les taux offerts, qui ont dépassé les objectifs fixés et se situent confortablement au-dessus de l’inflation attendue.
Dans ce contexte, les obligations en pesos ont affiché des performances hebdomadaires contrastées. Les obligations CER ont enregistré une baisse moyenne de 0,3 % (à l’exception des obligations DICP/PARP les plus longues, qui ont progressé de 0,7 %). Les obligations à taux fixe ont affiché des résultats mitigés (la tranche courte a augmenté de 0,3 %, la tranche moyenne a baissé de 0,3 % et la tranche longue a gagné 0,6 %). Les obligations à taux variable ont enregistré une augmentation moyenne de 0,46 % (à l’exception du TTD26, qui a baissé de 0,3 %), selon SBS.
Selon TSA Bursatil, l’inflation implicite de la courbe des taux à revenu fixe reflète une inflation mensuelle moyenne de 2,3 % pour le premier trimestre de l’année, ce qui est conforme aux projections du 90e percentile du REM. Le retour du carry trade (le dollar a chuté de 2,4 % cette semaine, sa plus forte baisse depuis deux mois) témoigne de la situation actuelle du marché.
Agenda de la semaine
- Début du Forum de Davos : Début de la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, un événement majeur qui influencera les marchés jusqu’au 23 janvier. Plus de 2 500 dirigeants du monde des affaires, de la politique, des institutions et du monde universitaire se réuniront pour débattre des principaux enjeux géopolitiques et économiques de l’année, dans un contexte marqué par les tensions entre Donald Trump et l’Europe concernant les tarifs douaniers et la situation au Venezuela. Javier Milei sera présent.
- L’INDEC publiera l’indice des prix de gros et le coût de la construction pour le mois de décembre.
- Le PIB chinois du quatrième trimestre sera publié.
- L’IPC de décembre 2025 de la zone euro sera publié.
- Wall Street sera fermé à l’occasion du Martin Luther King Jr. Day aux États-Unis.
- L’INDEC publiera les données sur les échanges commerciaux argentins (ICA) pour le mois de décembre.
- Netflix présentera ses résultats financiers pour le quatrième trimestre.
- L’Estimateur mensuel de l’activité économique (EMAE) sera publié avec les données de novembre.
- Interventions de Donald Trump au Forum de Davos.
- IPC de décembre au Royaume-Uni.
- Présentation du bilan social de Johnson & Johnson.
- L’INDEC publiera en novembre les Enquêtes auprès des supermarchés, des grossistes libre-service et des centrales d’achats.
- L’enquête sur les conditions de crédit de la BCRA sera publiée.
- PIB américain de fin 2025.
- Présentation des résultats financiers de Procter & Gamble, General Electric, Abbott Laboratories, Intel et Visa.
- Publication des données de l’indice des salaires, préparées par l’INDEC.
- La BCRA publiera le rapport bancaire.
- Décision sur les taux d’intérêt de la Banque du Japon.
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