Publié le 18 janvier 2024 23:05:00. Le groupe énergétique tchèque ČEZ se désengage du projet nucléaire JESS en Slovaquie, illustrant les difficultés croissantes de viabilité économique de l’énergie nucléaire sans un soutien étatique massif, alors que Bratislava s’oriente vers une propriété publique totale de son nouveau réacteur.
- Le retrait de ČEZ de JESS est officiellement justifié par des considérations stratégiques, mais reflète les coûts élevés et les risques liés à la construction de centrales nucléaires.
- La Slovaquie privilégie désormais une construction entièrement publique de son nouveau réacteur à Jaslovské Bohunice.
- Les énergies renouvelables, comme le photovoltaïque et l’éolien, apparaissent comme des alternatives plus attractives et moins coûteuses.
Les négociations entre ČEZ et l’État slovaque concernant la vente des actions de la société de projet JESS mettent en lumière une problématique récurrente dans le secteur de l’énergie nucléaire : sa dépendance à des financements publics importants. Alors que Bratislava poursuit la construction d’un nouveau réacteur à la centrale de Jaslovské Bohunice et négocie directement avec le groupe américain Westinghouse, ČEZ semble se retirer progressivement de ses investissements à risque en Slovaquie.
Selon un porte-parole de ČEZ,
« La construction de centrales nucléaires n’est pas possible dans le monde entier sans une participation fondamentale des gouvernements. »
Porte-parole de ČEZ
Cette affirmation souligne les obstacles financiers et les incertitudes qui freinent l’investissement privé dans ce domaine. Les coûts d’investissement élevés, les délais de construction prolongés, les estimations de coûts imprécises et les risques politiques rendent les projets nucléaires de moins en moins attrayants pour les entreprises privées ou semi-publiques.
La valeur comptable de la participation de ČEZ dans JESS s’élève à environ trois milliards de couronnes (environ 118 millions d’euros). Il reste à déterminer si cette somme pourra être intégralement récupérée lors de la vente.
La décision de la Slovaquie de construire le nouveau réacteur entièrement sous contrôle de l’État confirme cette tendance. L’énergie nucléaire se transforme ainsi en un projet financé par les fonds publics, où les profits potentiels seraient privatisés tandis que les risques et les coûts seraient supportés par la collectivité, notamment par les consommateurs d’électricité. Les conséquences financières, potentiellement considérables, pourraient peser lourdement sur les citoyens.
Malgré les conseils des banques d’investissement internationales, telles que Rothschild & Co., l’incertitude économique demeure importante, même pour un pays disposant déjà de six réacteurs nucléaires en exploitation.
Parallèlement, JESS investit dans les énergies renouvelables, notamment le photovoltaïque et l’éolien. Ces sources d’énergie sont considérées comme
« nettement moins cher, plus rapide à mettre en œuvre et plus économiquement planifiable »
que les nouvelles centrales nucléaires. Le désengagement de ČEZ du projet nucléaire peut donc être interprété comme un aveu implicite : l’énergie nucléaire est moins une activité commerciale viable qu’un projet politique de prestige, coûteux, risqué et difficilement réalisable sans un soutien gouvernemental durable.
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