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Gulu suspend vérification bovine : fraude massive dans le programme gouvernemental

by Clara Dubois
Un programme paralysé par les soupçons de corruption

Les autorités de Gulu, en Ouganda, ont suspendu le 5 mai 2026 la vérification des bénéficiaires du programme de restockage bovin, après des allégations massives de fraude et d’inclusion d’individus non éligibles sur les listes officielles.

Un programme paralysé par les soupçons de corruption

Le programme gouvernemental de restockage bovin, lancé pour relancer l’économie pastorale de la région du Nord-Ouest de l’Ouganda, a été mis en pause à Gulu après que des enquêtes locales aient révélé des pratiques douteuses dans l’attribution des bêtes. Selon des sources officielles, la vérification ward par ward, prévue pour commencer le 4 mai dans la division de Bardege-Layibi, a été annulée en raison de revendications crédibles de fraude, comme l’a annoncé le député du Conseil du District de Gulu (RCC), Peter Banaya.

Les allégations portent sur des membres du comité exécutif local, dont certains auraient perdu des élections précédentes, qui auraient inscrit des membres de leur famille et des proches comme bénéficiaires du programme. Alex Okoya Odongo, président des chefs de LC1 (Local Council 1) à Gulu, a dénoncé ces pratiques, affirmant que des personnes non éligibles figuraient sur les listes. La suspension vise à permettre une enquête approfondie avant toute nouvelle distribution.

Un contexte de méfiance et de défiance

Cette crise intervient dans une région marquée par des décennies de conflit, notamment avec la rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) dirigée par Joseph Kony, qui a laissé des séquelles profondes dans les communautés locales. En ce mois de mai 2026, les évêques catholiques du Nord de l’Ouganda, réunis à Lira pour marquer le 20e anniversaire de la Semaine de prière et de paix, ont rappelé les défis persistants liés à la reconstruction post-conflit. L’archidiocèse de Gulu, dirigé par Mgr Raphael P’Mony Wokorach, a souligné la nécessité de renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens pour éviter que les programmes d’aide ne deviennent des outils de clientélisme.

La suspension du programme de restockage bovin est un rappel brutal des obstacles persistants à la reconstruction économique dans cette région. Les autorités locales, confrontées à des accusations de partialité, doivent désormais prouver leur capacité à gérer les fonds publics avec transparence. La question de la crédibilité des institutions locales est au cœur des débats, alors que les bénéficiaires potentiels attendent des réponses claires sur l’avenir du programme.

Quelles suites pour les bénéficiaires?

À ce stade, aucune date n’a été fixée pour la reprise des vérifications. Les autorités de Gulu ont ordonné une enquête complémentaire, avec la formation de quatre équipes chargées d’examiner les listes de bénéficiaires. Cependant, la défiance reste forte parmi les populations locales, qui craignent que les retards ne se transforment en nouvelles opportunités de détournement.

Pour les éleveurs de la région, cette situation est d’autant plus préoccupante que le bétail représente une source vitale de revenus et de sécurité alimentaire. Les autorités locales, sous la pression des organisations de la société civile et des leaders religieux, devront rapidement rétablir la confiance pour éviter un nouveau coup dur pour les communautés déjà fragilisées.

Un enjeu plus large: la reconstruction post-conflit

Au-delà des allégations de fraude, la crise du programme de restockage bovin à Gulu illustre les défis persistants de la reconstruction dans une région où les cicatrices de la guerre sont encore visibles. Les initiatives gouvernementales, bien que nécessaires, peinent à convaincre les populations locales en l’absence de transparence et de bonne gouvernance. Les évêques catholiques, tout en appelant à la paix, ont insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de suivi indépendants pour garantir l’équité dans la distribution des aides.

Alors que le gouvernement ougandais continue de promouvoir des programmes de développement dans le Nord-Ouest, la gestion des ressources publiques reste un point de tension majeur. La capacité des autorités locales à surmonter cette crise déterminera non seulement l’avenir du programme de restockage bovin, mais aussi la crédibilité des efforts de reconstruction dans une région encore en quête de stabilité.

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