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Guyane : seulement 18,7 % des hommes acceptent l’homosexualité en 2018

by Antoine Girard
Des sexualités sous le poids des tabous

En Guyane, la diffusion le 26 mai 2026 du documentaire Guyane, amours taboues sur France 3 révèle que l’homosexualité et les relations LGBTQIA+ restent des sujets de résistance quotidienne, avec seulement 18,7 % des hommes et 27,1 % des femmes sondés en 2018 considérant ces orientations comme normales.

Des sexualités sous le poids des tabous

La Guyane, département et région d’outre-mer, est marquée par des réalités sociales où certaines orientations sexuelles et identités de genre restent largement marginalisées. Selon un rapport parlementaire de 2018 sur les discriminations anti-LGBT dans les Outre-mer, cité dans le cadre du documentaire Guyane, amours taboues, les mentalités locales peinent à s’adapter aux évolutions sociétales. Les chiffres sont éloquents : seuls 18,7 % des hommes et 27,1 % des femmes interrogés en Guyane estimaient alors que l’homosexualité était une sexualité comme une autre. Une proportion révélatrice d’un décalage persistant avec la métropole.

Le documentaire, diffusé le 26 mai 2026 à 00h05 sur France 3, met en lumière les défis quotidiens vécus par les personnes LGBTQIA+ en Guyane. Les témoignages recueillis soulignent une réalité où l’acceptation de ces orientations reste un acte de résistance. Les préjugés, souvent ancrés dans des traditions culturelles et religieuses, continuent de peser sur la liberté d’expression et de vie des individus concernés.

Un contexte marqué par d’autres tabous

Au-delà des questions LGBTQIA+, la Guyane est également confrontée à d’autres tabous sociaux. La santé reproductive, notamment la ménopause, reste un sujet largement ignoré, comme en témoigne la Semaine de sensibilisation organisée du 20 au 24 avril 2026. Selon les données disponibles, près de 500 000 femmes en France, dont un nombre significatif en Guyane, entrent chaque année dans cette phase de vie, mais le sujet reste entouré de silence, faute d’éducation et de dialogue.

Par ailleurs, des enquêtes récentes, comme celle menée par l’ANRS et l’Inserm dans le cadre de l’étude Contexte des sexualités en France, ont révélé des données inédites sur les pratiques sexuelles en Guyane. Entre mai 2023 et janvier 2024, près de 2 500 Guyanais ont participé à cette enquête, offrant un aperçu des réalités locales. Ces résultats, analysés par le CHU de Guyane et l’Observatoire régional de la santé de La Réunion, montrent des disparités marquées dans l’accès à l’information et à la prévention, notamment concernant les violences sexuelles et les infections transmissibles.

Violences et silence : le poids des non-dits

La lutte contre les violences intrafamiliales et conjugales se structure progressivement en Guyane, mais le chemin reste long. Une enquête publiée le 19 février 2026 par Mémento révèle que les mécanismes de signalement et d’accompagnement des victimes peinent à s’imposer face à des réseaux familiaux et sociaux souvent réticents. Le tabou qui entoure ces violences, notamment dans le cadre du #MetooInceste, empêche encore trop de victimes de briser le silence, comme le souligne une analyse de La 1ère.

Les initiatives locales, comme la première marche des fiertés organisée à Kourou, visent à rendre visible la communauté LGBTQIA+ et à promouvoir une meilleure acceptation. Ces événements, bien que encore marginaux, constituent des pas importants vers une société plus inclusive. Cependant, leur succès dépendra de la capacité des pouvoirs publics et de la société civile à engager un dialogue durable et à lever les freins culturels et religieux persistants.

Vers une société plus ouverte ?

Si des progrès sont visibles, notamment avec l’évolution des lois nationales, comme la fin du devoir conjugal votée par l’Assemblée nationale, leur application en Guyane reste inégale. Les mentalités évoluent lentement, et les discriminations persistent, notamment dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la santé. Les associations locales, comme Entr’Aides Guyane, rappellent que des sujets comme le VIH restent des tabous malgré les avancées médicales. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida en 2026, elles ont souligné que la prévention et l’accès aux soins restent des enjeux majeurs.

La Guyane, avec ses spécificités culturelles et sociales, doit encore surmonter de nombreux défis pour offrir à ses habitants une société où chaque orientation sexuelle et identité de genre sont pleinement reconnues et respectées. Les initiatives récentes, qu’elles émanent des médias, des associations ou des institutions, sont autant d’étapes nécessaires vers une plus grande ouverture et une meilleure inclusion.

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