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Santé

Nouveau consensus EFP/EAPD pour la prise en charge des maladies parodontales chez les enfants

En avril 2026, le Journal of Clinical Periodontology a publié un rapport de consensus issu d'une collaboration entre l'EFP et l'EAPD. Ce document établit de nouvelles directives pour la prise en charge des maladies gingivales et parodontales chez…

Une lacune thérapeutique identifiée

En avril 2026, le Journal of Clinical Periodontology a publié un rapport de consensus issu d’une collaboration entre l’EFP et l’EAPD. Ce document établit de nouvelles directives pour la prise en charge des maladies gingivales et parodontales chez les enfants et les adolescents, comblant ainsi une lacune importante dans les cadres de diagnostic actuels.

Une lacune thérapeutique identifiée

Jusqu’à présent, la classification des maladies parodontales reposait sur un cadre établi en 2018, conçu principalement pour la population adulte. Bien que ce système soit la référence mondiale, il présentait des limites majeures pour les patients les plus jeunes. En effet, les pathologies affectant les enfants et les adolescents étaient largement négligées par les protocoles de recherche et de pratique clinique, à moins qu’elles ne soient directement liées à des conditions systémiques spécifiques.

Cette absence de directives dédiées a créé un vide pour les praticiens traitant les jeunes populations. Le nouveau rapport de consensus, publié le 15 avril 2026, vise précisément à rectifier cette situation en fournissant des outils adaptés au développement physiologique unique des jeunes patients.

Le cadre de 2018, bien que robuste pour la gestion des parodontites chez l’adulte, ne proposait pas de critères de mesure précis pour les tissus en cours de remodelage osseux lors de l’éruption dentaire. Les experts ont relevé que l’application directe des mesures de perte d’attache parodontale des adultes aux enfants pouvait conduire à des erreurs de diagnostic, soit par une surévaluation de l’inflammation, soit par une sous-estimation de la destruction tissulaire réelle durant les phases de transition dentaire.

Les fondements du consensus EFP/EAPD

L’élaboration de ce cadre clinique repose sur un travail collaboratif entre la European Federation of Periodontology (EFP) et la European Academy of Paediatric Dentistry (EAPD). Ce rapprochement interdisciplinaire a pris forme lors d’un atelier spécialisé qui s’est tenu les 16 et 17 mars 2025. Cet événement, soutenu par Colgate-Palmolive, a réuni des experts de premier plan pour harmoniser les connaissances sur la santé bucco-dentaire des mineurs.

L’objectif de cette collaboration était d’unifier les approches concernant l’épidémiologie, les causes, les facteurs de risque, ainsi que les méthodes de diagnostic et de gestion des maladies gingivales. David Herrera, qui présidait cet atelier pour l’EFP, a souligné l’importance de cette mise à jour scientifique.

Le processus de consensus a intégré une revue systématique des données épidémiologiques disponibles sur la prévalence des maladies gingivales chez les mineurs en Europe. Les experts ont travaillé à l’harmonisation des définitions entre la dentition temporaire et la dentition permanente, un aspect crucial pour la continuité des soins cliniques. Les travaux de l’atelier ont également porté sur l’identification de paramètres inflammatoires spécifiques à l’âge, visant à réduire la variabilité des diagnostics entre les cliniciens.

Cet atelier vise à actualiser et à approfondir notre compréhension de l’épidémiologie, des causes, des facteurs de risque, du diagnostic et de la gestion des maladies gingivales et parodontales chez les jeunes populations.

David Herrera, président de l’EFP pour l’atelier

L’enjeu est autant clinique que préventif. Pour les spécialistes, il ne s’agit pas seulement de traiter des symptômes, mais de comprendre comment les maladies parodontales interagissent avec les processus de croissance.

Diagnostic et importance de l’intervention précoce

L’un des points centraux du consensus concerne la nécessité d’adapter les critères d’examen aux tissus en développement. Les tissus gingivaux des enfants ne réagissent pas de la même manière que ceux des adultes, et les outils de diagnostic doivent refléter cette réalité biologique. Sotiria Gizani, dentiste pédiatrique et coprésidente de l’EAPD pour l’atelier, a insisté sur les risques liés à un diagnostic tardif.

Diagnostic et importance de l'intervention précoce
Pour Sotiria Gizani

Les enfants et les adolescents sont encore en pleine croissance, et les maladies parodontales peuvent sérieusement affecter le développement de leurs structures buccales.

Sotiria Gizani, dentiste pédiatrique et coprésidente de l’EAPD pour l’atelier

Le rapport souligne que l’intervention précoce est le levier principal pour garantir une santé bucco-dentaire durable tout au long de la vie. Pour ce faire, l’intégration de l’examen des tissus gingivaux dans les examens dentaires de routine est désormais recommandée, en utilisant des critères spécifiquement conçus pour les différentes tranches d’âge.

Le rapport précise que les mesures de profondeur de sondage doivent être interprétées avec une prudence accrue lors de l’éruption des dents permanentes. Il propose des seuils de saignement au sondage (bleeding on probing) adaptés à la maturité gingivale de l’adolescent. L’objectif est de fournir une nomenclature standardisée permettant aux chercheurs de comparer les résultats d’études cliniques menées sur différentes populations pédiatriques à travers l’Europe.

Les professionnels de santé, les parents et les familles sont désormais invités à s’appuyer sur ces nouvelles recommandations pour mieux identifier les signes avant-coureurs de la maladie. Un symposium satellite de l’EAPD est d’ailleurs prévu le 2 juillet 2026 pour approfondir ces discussions autour du rapport de consensus.

Ces recommandations constituent un cadre de référence pour la pratique clinique et non une prescription médicale universelle. Les praticiens doivent adapter l’application de ces directives en fonction du profil systémique et de la réponse biologique individuelle de chaque patient. Bien que le consensus renforce la précision diagnostique, il ne remplace pas l’évaluation clinique directe nécessaire pour identifier les pathologies parodontales liées à des maladies systémiques spécifiques qui pourraient nécessiter une prise en charge pluridisciplinaire.

Pour toute question concernant la santé bucco-dentaire d’un enfant ou d’un adolescent, il est essentiel de consulter un professionnel de santé qualifié.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.