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Procès Falzone : Mère contredit la défense sur la responsabilité

by Nicolas Lefèvre
Le témoignage de Silvana Falzone : une confrontation entre mère et fils

Lors de l’audience du procès de Paolo Falzone ce jeudi 28 mai 2026 devant la cour d’assises du Hainaut, les témoignages de sa mère et d’une ex-compagne ont provoqué une vive tension, révélant des contradictions majeures sur la conscience de l’accusé et ses habitudes de conduite lors de l’accident de Strépy-Bracquegnies.

Le témoignage de Silvana Falzone : une confrontation entre mère et fils

L’ambiance dans la salle d’audience a basculé dans une dimension presque électrique lorsque Silvana, la mère de l’accusé, a pris la parole. Son récit, loin de soutenir l’accusation, a fini par fragiliser la position de son propre fils, créant un clivage profond entre la version de la défense et les faits rapportés par la famille. Au cœur du litige se trouve la communication téléphonique qui a eu lieu entre Paolo Falzone et sa mère immédiatement après le drame. Silvana a affirmé devant la cour que son fils lui avait confié, par des mots explicites, sa responsabilité dans l’accident. “j’ai tué des gens, je vais aller en prison” Silvana, la mère de l’accusé, via RTBF Cette déclaration contredit frontalement la ligne de défense de Paolo Falzone. L’accusé soutient qu’il n’a pas pris conscience de la gravité de la situation sur le moment, affirmant n’avoir vu qu’un seul corps dans l’habitacle, celui de Fifa Ricotta, qui respirait encore. Il conteste fermement les propos rapportés par sa mère, déclarant : je n’ai jamais dit ça. La tension a atteint son paroxysme lorsque la Cour a confronté la mère de l’accusé sur une autre contradiction : la présence d’un ou de deux corps dans le véhicule. Alors que Silvana affirmait que son fils lui avait parlé de deux corps ayant traversé le pare-brise, l’accusé n’en reconnaît qu’un seul. La réponse de la mère à la question de la présidente a provoqué un tollé général dans la salle. “Deux personnes ou une, je ne vois pas la différence” Silvana, la mère de l’accusé Face à cette déclaration jugée maladroite, la présidente de la cour a dû intervenir pour recadrer l’audience, soulignant l’importance vitale de cette distinction pour la suite des débats. “Nous, si. On voit la différence, madame.” La présidente de la cour, via RTBF

Le revirement de R.D. : un mensonge avoué devant la cour

Paolo falzone the beginning of a long trial
Parallèlement au témoignage de la mère, l’audience a été marquée par une révélation inattendue concernant le comportement routier de l’accusé. R.D., une ex-petite amie de Paolo Falzone, est montée à la barre pour livrer un récit qui a profondément déstabilisé la défense, comme l’a rapporté RTL Info. Le point le plus critique de son intervention réside dans l’aveu d’un mensonge fait aux enquêteurs lors de l’instruction initiale. Si R.D. avait initialement décrit une conduite dangereuse et des vitesses excessives, elle est revenue sur ses propos devant la cour d’assises.
Élément de témoignageVersion lors de l’enquêteVersion devant la Cour (28 mai)
Style de conduiteDangereux et à haute vitesseNon dangereux
Expérience de conduiteHabitudes de vitesse mentionnéesUne seule montée en voiture
L’avocat de la défense a tenté de justifier ce changement de version, mais pour Maître Mayence, avocat des parties civiles, ce revirement est explicable par une volonté de protection de la part de la témoin à l’époque des faits. Au-delà de la conduite, R.D. a détaillé une relation complexe, marquée par ce qu’elle décrit comme une présence trop oppressante de la mère de l’accusé. Elle a notamment évoqué un climat de harcèlement et de chantage au suicide de la part de Silvana après la rupture du couple. Ces éléments ajoutent une couche de complexité psychologique au procès, brossant le portrait d’un environnement familial pesant.

L’enjeu juridique : entre homicide involontaire et préméditation

L'enjeu juridique : entre homicide involontaire et préméditation
cluster (priority): RTL Info
Le procès de Strépy-Bracquegnies ne se joue pas seulement sur les faits, mais sur la qualification juridique de la mort des victimes. Les contradictions accumulées entre les témoignages de la famille et de l’entourage proche de l’accusé alimentent les interrogations sur l’intentionnalité et la conscience de l’acte. Maître Mayence, représentant les victimes, a durci le ton pour interpeller les jurés sur la nature exacte du crime. La question est de savoir si l’accusé a agi par simple imprudence ou si une forme de préméditation peut être retenue, ce qui ferait basculer le dossier de l’homicide involontaire vers des qualifications beaucoup plus lourdes, comme le meurtre ou l’assassinat. “comment on va qualifier la mort de ces gens” Maître Mayence, avocat des parties civiles La stratégie de la défense repose largement sur l’amnésie ou le manque de souvenir de l’accusé. Paolo Falzone utilise la répétition de l’incertitude pour contrer les accusations de conscience coupable. “Je ne sais pas si j’ai dit ça, je ne m’en souviens pas”. Paolo Falzone, l’accusé Pourtant, pour l’accusation, ce déni systématique semble de moins en moins crédible face aux déclarations de la mère de l’accusé. Le débat s’annonce crucial pour les prochains jours de l’audience : la cour devra déterminer si les contradictions de Silvana Falzone sont le fruit d’une confusion émotionnelle ou la révélation d’une vérité que l’accusé tente d’effacer par le silence.

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