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Affaire ProtestInfo : un rapport écarte la censure et souligne des problèmes de gouvernance

La commission mandatée par la Conférence des Églises romandes pointe en revanche une grave perte de confiance et des défaillances de gouvernance au sein de l'institution.

Affaire ProtestInfo : un rapport écarte la censure et souligne des problèmes de gouvernance

La commission mandatée par la Conférence des Églises romandes pointe en revanche une grave perte de confiance et des défaillances de gouvernance au sein de l’institution.

L’affaire avait éclaté en octobre 2025 avec le renvoi de deux journalistes qui enquêtaient alors sur la gestion d’un cas d’abus au sein de l’Église. Ce double licenciement avait provoqué une onde de choque dans les milieux ecclésiastiques et journalistiques, au point d’attirer l’attention internationale. L’affaire avait pris une dimension importante après la révélation que les deux journalistes enquêtaient avant leur licenciement sur les liens entre le bibliste Daniel Marguerat et les institutions réformées, alors qu’il faisait l’objet de plusieurs signalements, qu’il conteste.

Les conclusions de la commission sur les accusations de censure

La commission d’analyse mandatée par la Conférence des Églises réformées de Suisse romande livre un verdict nuancé. Elle blanchit les autorités ecclésiastiques des accusations les plus lourdes portées à leur encontre. Aucune censure des Églises réformées sur ProtestInfo n’a pu être confirmée par l’enquête menée sur cette période de crise. Le document écarte également les accusations de faute professionnelle et de licenciement abusif dans cette affaire qui agite le monde protestant romand depuis octobre 2025, relayé par «Blick».

Le document officiel écarte également l’existence d’une quelconque faute professionnelle de la part des journalistes concernés, Anne-Sylvie Sprenger et Lucas Vuilleumier. La commission mandatée par la Conférence des Églises réformées de Suisse romande (CER) ne constate ni censure de la part des Églises, ni faute professionnelle des journalistes Anne-Sylvie Sprenger et Lucas Vuilleumier, ni licenciement abusif, rapporte «Blick».

Gouvernance défaillante et crise de confiance

Si les accusations de censure directe sont levées, la commission n’épargne pas pour autant l’organisation interne des instances religieuses. Le texte met en lumière une perte de confiance progressive qui s’était installée entre certaines autorités ecclésiastiques et la rédaction. Le rapport souligne une «perte de confiance» progressive entre certaines autorités ecclésiastiques et les journalistes.

L’enquête met le doigt sur plusieurs dysfonctionnements structurels majeurs. Elle relève une charte rédactionnelle qualifiée d’insuffisante, l’absence d’une direction clairement identifiée pour l’agence de presse, ainsi que des instances de décision court-circuitées lors de choix stratégiques pris de manière unilatérale. Les rapporteurs soulignent également une méconnaissance persistante, au sein des Églises, des exigences spécifiques liées au fonctionnement d’une agence de presse interne. Si les accusations les plus lourdes sont rejetées, la commission présidée par le pasteur valaisan Gilles Cavin n’épargne pas les institutions ecclésiastiales, identifiant une série de défaillances: charte rédactionnelle «insuffisante», absence d’une «direction clairement identifiée», non-respect de la gouvernance et court-circuitage des instances de décision. La commission relève également des instances de décision court-circuitées et une décision stratégique prise unilatéralement. Elle pointe aussi une mauvaise compréhension, au sein des Églises, du rôle d’une agence de presse interne.

La composition de l’instance d’enquête

Pour mener à bien ces investigations, la Conférence des Églises réformées de Suisse romande avait mis sur pied un collège d’experts pluridisciplinaire. L’instance réunissait cinq membres aux profils complémentaires pour garantir l’impartialité des travaux. La commission d’enquête réunissait cinq membres: deux représentants des Églises romandes, Gilles Cavin et Pierre-Philippe Blaser; le journaliste et médiateur de Tamedia Denis Etienne; l’ancien membre du comité de direction du groupe Tamedia Serge Reymond; et l’avocat spécialisé en droit du travail et des médias Kevin Guillet.

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Photo: 20min
  • Le pasteur valaisan Gilles Cavin, qui a présidé la commission d’enquête.
  • Pierre-Philippe Blaser, représentant des Églises romandes.
  • Denis Etienne, journaliste et médiateur de Tamedia.
  • Serge Reymond, ancien membre du comité de direction du groupe Tamedia.
  • Kevin Guillet, avocat spécialisé en droit du travail et des médias.

Les suites annoncées par les instances ecclésiastiques

Face à la publication de ce rapport très attendu, la Conférence des Églises réformées de Suisse romande a indiqué qu’elle prenait acte des conclusions et des propositions d’amélioration formulées par le collège d’experts. L’institution s’est engagée à en tirer les enseignements nécessaires pour redéfinir son fonctionnement et apaiser les relations avec les professionnels de l’information. La CER a indiqué prendre acte du rapport et de ses propositions d’amélioration, promettant d’en tirer les enseignements. La CER dit désormais vouloir tirer les enseignements du rapport et améliorer son fonctionnement.

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Photo: 24 Heures

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.