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Le Parti québécois retirerait le Québec du projet de TGV – Radio-Canada

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé qu'il retirerait le Québec du projet de train à grande vitesse (TGV) Alto reliant Québec et Toronto s'il est élu à l'automne. Cette décision s'appuie sur des critiques…

Le conflit des chiffres : entre 90 et 200 milliards de dollars

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé qu’il retirerait le Québec du projet de train à grande vitesse (TGV) Alto reliant Québec et Toronto s’il est élu à l’automne. Cette décision s’appuie sur des critiques liées aux coûts massifs du projet et à une volonté de prioriser les transports urbains locaux.

Le conflit des chiffres : entre 90 et 200 milliards de dollars

L’opposition du Parti québécois (PQ) repose sur un désaccord profond concernant la facture finale du projet Alto. Alors que les estimations officielles situent le coût entre 60 et 90 milliards de dollars, Radio-Canada rapporte que Paul St-Pierre Plamondon s’appuie sur les calculs de Jean-Denis Garon, député bloquiste de Mirabel, qui évoque une somme pouvant atteindre 200 milliards de dollars.

Ce débat s’inscrit dans un contexte plus large où le gouvernement fédéral canadien développe parallèlement son projet de Train à haute fréquence (THF). Contrairement au concept de TGV d’Alto, le THF vise principalement à séparer le trafic passagers du trafic fret pour réduire les retards, sans nécessairement atteindre les vitesses de 300 km/h.

Le conflit des chiffres : entre 90 et 200 milliards de dollars

Cette divergence n’est pas seulement comptable; elle est politique. Le chef péquiste estime que la part du Québec pourrait s’élever à environ 40 milliards de dollars. Selon lui, ce montant serait bien plus utile s’il était injecté dans la rénovation des infrastructures vétustes de la province plutôt que dans la construction d’un nouveau réseau ferroviaire.

Le projet fait d’ailleurs face à une opposition locale marquée, notamment dans la circonscription de Mirabel, où le tracé préliminaire traverse des terres agricoles. Cette zone est soumise à la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA), qui limite strictement l’aliénation des terres agricoles pour des projets d’infrastructure.

L’ambition technique et le calendrier du projet Alto

Le projet Alto vise à transformer le transport interurbain avec des trains circulant à plus de 300 km/h. L’objectif est d’offrir des tarifs et des temps de trajet compétitifs face à l’avion et l’autobus. Pour atteindre ces vitesses, le projet nécessiterait la création de voies dédiées, car les rails actuels, largement contrôlés par le CN et le CPKC, ne permettent pas une telle célérité.

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Les gains de temps annoncés sont significatifs :

  • Montréal-Toronto : 3 heures de trajet.
  • Montréal-Québec : 1 heure et 20 minutes de trajet.

Le déploiement est prévu par étapes. Un premier tracé, d’environ 60 mètres de large, doit être dévoilé d’ici la fin de 2026. La construction de la première phase, reliant Montréal et Ottawa avec un arrêt à Laval, est programmée pour 2029. L’extension vers Trois-Rivières et Québec suivrait deux à trois ans plus tard.

La priorité au transport urbain face au « nation building »

Pour Paul St-Pierre Plamondon, le problème majeur de mobilité ne se situe pas entre Québec et Toronto, mais à l’intérieur même des villes québécoises. Il critique l’objectif de renforcement de l’unité canadienne qui, selon lui, motive le gouvernement libéral fédéral à pousser ce projet.

La priorité au transport urbain face au « nation building »

Cette position est partagée par Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, qui a exprimé de grandes réserves sur l’initiative, comme le souligne 98.5 Montréal. L’analyse du projet a également été discutée par Jacques Roy, professeur émérite à HEC Montréal et spécialiste en transports, dans le cadre de recherches menées avec Jean Mercier de l’Université Laval et Pierre Fillion de l’Université de Waterloo.

L’impasse financière : le Québec peut-il réellement se retirer ?

Une contradiction majeure émerge toutefois quant à la faisabilité financière de ce retrait. Paul St-Pierre Plamondon exige que les sommes prévues pour le projet soient versées directement au Québec, sans condition. Cette demande repose sur l’idée que les fonds fédéraux alloués aux projets d’infrastructure interprovinciaux pourraient être redirigés vers d’autres priorités provinciales via des transferts.

Cependant, une source proche du dossier et participant à la conception du projet au Québec a contesté cette logique auprès de Radio-Canada.

On ne comprend pas le calcul du PQ sur le 40 milliards $ qui reviendrait au Québec. C’est un projet entièrement financé par le fédéral, le Québec ne peut donc pas retirer son argent.

Si cette affirmation se confirme, la menace de retrait du PQ pourrait s’avérer être un levier politique plutôt qu’une manœuvre financièrement possible, puisque le Québec ne disposerait d’aucun fonds propre à récupérer dans le budget du projet.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.