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Trois candidates latinos au poste de secrétaire général de l’ONU débattent de la revitalisation à Genève

by Nicolas Lefèvre
Une ambition de leadership au-delà de l'administration

À Genève, les trois candidates latinos au poste de secrétaire général de l’ONU — Michelle Bachelet, Maria Fernanda Espinosa et Rebeca Grynspan — ont débattu mardi de la revitalisation de l’institution. Elles cherchent à restaurer la confiance mondiale avant le vote du Conseil de sécurité prévu entre le 24 et le 30 juillet prochain.

Une ambition de leadership au-delà de l’administration

Le multilatéralisme traverse une crise profonde, mais les candidates à la tête de l’organisation internationale ont refusé de céder au pessimisme. Lors d’un débat organisé à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), trois figures féminines représentant l’Amérique latine ont présenté une vision transformatrice pour l’organisation. Accueillies par une ovation debout devant un auditoire complet, ces femmes ont insisté sur leur volonté de ne pas être de simples gestionnaires de crise. Elles rejettent l’idée d’une direction purement technique au profit d’un leadership politique affirmé.

“Elles ont affirmé ne pas vouloir devenir des administratrices de l’ONU mais de vraies dirigeantes.”

Radio Lac Cette volonté de rupture avec une gestion purement bureaucratique s’accompagne d’un appel à une plus grande inclusion des acteurs non étatiques. Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Cnuced qui s’est retirée de la campagne, a notamment souligné la nécessité d’impliquer davantage la jeunesse dans les processus décisionnels.

Climat, IA et résultats : les nouveaux piliers proposés

Les débats ont rapidement convergé vers les défis structurels du XXIe siècle. Les candidates ont proposé des axes de réforme centrés sur l’efficacité opérationnelle et l’adaptation aux nouvelles technologies.
  • Réforme financière : Un consensus s’est dégagé sur l’importance de transformer le système financier international pour soutenir le développement.
  • Intelligence Artificielle : Les candidates plaident pour que l’IA soit encadrée afin de servir le bien commun.
  • Urgence climatique : Les propositions insistent sur l’aide nécessaire aux pays en développement pour l’adaptation climatique.
  • Prévention des conflits : La création de centres d’alerte précoce basés sur la science a été évoquée pour pallier les carences actuelles.
L’accent sur l’action concrète est devenu le leitmotiv de cette confrontation d’idées. Pour Michelle Bachelet, l’efficacité doit primer sur la simple présence institutionnelle.

“Il faut garantir que l’ONU soit tournée vers les résultats.”

Climat, IA et résultats : les nouveaux piliers proposés
Photo: Radio Lac
Michelle Bachelet, via Radio Lac Cette exigence de résultats est directement liée à la légitimité de l’organisation sur le terrain. Selon Radio Lac, les candidates ont souligné que sans un multilatéralisme fort, les interventions humanitaires vitales, comme la distribution de vaccins dans les camps de déplacés, seraient compromises.

Entre veto américain et rapprochement avec Pékin

Candidat au poste de Secrétaire général de l'ONU : Macky Sall | Dialogue interactif
Le parcours vers le secrétariat général est loin d’être linéaire, car il se heurte aux réalités de la géopolitique des grandes puissances. Le cas de Michelle Bachelet illustre parfaitement ces tensions. D’un côté, la candidate fait face à des obstacles diplomatiques majeurs en Occident. Des sources indiquent que les États-Unis pourraient être prêts à imposer un veto sur sa candidature, en raison de ses positions passées sur la santé reproductive. De l’autre, elle cherche à consolider son soutien auprès des puissances émergentes. Le 4 juin 2026, Michelle Bachelet s’est entretenue à Pékin avec Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois. Lors de cet échange, la candidate a réaffirmé son adhésion au multilatéralisme et à la défense de la Charte des Nations unies, tout en exprimant sa volonté de travailler étroitement avec la Chine pour renforcer le statut de l’organisation. Cette diplomatie parallèle est cruciale, car le choix du prochain secrétaire général déterminera l’orientation des réformes pour la prochaine décennie, un enjeu particulièrement sensible pour les pays du Sud global.

Le calendrier décisif pour la succession d’Antonio Guterres

Le calendrier décisif pour la succession d'Antonio Guterres
La transition s’annonce rapide. Le mandat de l’actuel secrétaire général, Antonio Guterres, prendra fin à l’issue de l’année en cours. Le processus de nomination suit un protocole strict régi par la Charte onusienne. Selon les procédures détaillées par Le Temps, le Conseil de sécurité doit statuer sur le choix du nouveau diplomate entre le 24 et le 30 juillet prochain. Cette décision sera ensuite soumise à l’approbation de l’Assemblée générale, composée de 193 États membres. Voici les cinq candidats officiellement en lice pour succéder à Antonio Guterres :
Candidat(e) Origine / Fonction actuelle
Michelle Bachelet Ancienne présidente du Chili
María Fernanda Espinosa Ancienne présidente de l’Assemblée générale de l’ONU
Rebeca Grynspan Secrétaire générale de la Cnuced
Rafael Grossi Directeur général de l’AIEA
Macky Sall Ancien président du Sénégal
Si la présence des femmes est marquée lors des débats récents, l’absence de la première femme à la tête de l’organisation reste un sujet de discussion central. Comme l’a rappelé Maria Fernanda Espinosa, le moment est venu de prouver que l’ONU peut évoluer vers un modèle plus humaniste et efficace.

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