Une étude internationale menée auprès de 2 100 Australiens, publiée dans Alzheimer’s & Dementia, révèle qu’une augmentation de 10 % de la consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un déclin mesurable de la concentration et de la vitesse de traitement mental, selon des chercheurs des universités de Monash, Deakin et São Paulo.
L’érosion de la concentration : les résultats de l’étude australienne
Le lien entre nutrition et performance cognitive franchit une nouvelle étape. Des chercheurs internationaux ont analysé les données de plus de 2 100 Australiens, dont l’âge moyen était de 57 ans et qui ne souffraient pas de démence. Tous ont été soumis à des tests standardisés évaluant la vitesse de traitement de l’information et l’attention visuelle.

Les résultats, rapportés par Futura-sciences, indiquent que même une hausse légère de la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) impacte les capacités cognitives. En moyenne, les participants tiraient 41 % de leurs calories quotidiennes de ces produits.
Cette corrélation suggère que la qualité des calories ingérées influence directement la vivacité mentale. Le déclin observé n’est pas limité à l’attention, mais touche également la rapidité avec laquelle le cerveau traite les stimuli externes.
Le système NOVA : comment identifier un produit ultra-transformé
L’identification d’un produit « ultra-transformés » ne repose pas sur une simple intuition, mais sur la classification NOVA, conçue au Brésil au début des années 2010. Ce système classe les aliments en quatre catégories selon leur degré de transformation industrielle.

Les produits de la catégorie NOVA 4 sont ceux qui utilisent des ingrédients rarement présents dans une cuisine domestique. Selon tameteo.com, on y retrouve notamment :
- Des additifs cosmétiques et aromatiques : colorants, exhausteurs de goût, émulsifiants et stabilisants.
- Des substances industrielles : amidon modifié, caséine, lactosérum, dextrose, sirop de glucose, maltodextrine ou protéines hydrolysées.
- Des procédés de fabrication : huiles hydrogénées et isolats de protéines.
Le chercheur Anthony Fardet propose des indicateurs simples pour le consommateur. À partir de six ingrédients listés sur l’étiquette, il existe trois chances sur quatre que l’aliment soit ultra-transformé. Plus révélateur encore : la présence de personnages rappelant l’enfance sur l’emballage indique une probabilité quasi totale que le produit appartienne à cette catégorie.
Lien avec les cancers et la santé mentale
L’impact des AUT dépasse la simple concentration. Une méta-analyse publiée en 2024 dans The British Medical Journal a associé une consommation élevée de ces produits à une hausse de 48 à 53 % du risque d’anxiété et de troubles mentaux courants. Parallèlement, une publication de 2022 dans Jama Neurology a souligné que ces aliments pourraient favoriser le déclin cognitif chez les adultes d’âge moyen.
Le risque oncologique est également documenté. Comme le rapporte ma-sante.news, la cohorte française NutriNet-Santé a suivi plus de 100 000 participants. Les données de 2018 montrent qu’une augmentation de 10 % de la part d’AUT dans l’alimentation est liée à une hausse de 10 % du risque global de cancer.
Certains types de cancers sont plus étroitement associés à ce régime alimentaire :
- Cancer colorectal : lié aux déséquilibres inflammatoires et aux perturbations du microbiote intestinal.
- Cancers ORL, du côlon et du foie : des études suggèrent que remplacer seulement 10 % d’AUT par des produits bruts réduit significativement ces risques.
Bien que ces résultats soient statistiquement significatifs, les chercheurs précisent qu’une association statistique n’est pas une preuve directe de causalité, même après avoir pris en compte des facteurs comme le tabagisme, l’alcool et l’activité physique.
L’emprise des produits industriels sur l’alimentation en France
L’accès aux aliments bruts devient un défi structurel. En France, les produits ultra-transformés représentent désormais près de 70 % de l’offre alimentaire disponible en supermarché. Cette omniprésence se traduit directement dans l’assiette des consommateurs.

L’apport énergétique quotidien provenant des AUT varie selon les tranches d’âge :
| Groupe de population | Part des apports caloriques (AUT) |
|---|---|
| Adultes français | 32 % à 36 % |
| Adolescents français | Près de 50 % |
Cette consommation massive, portée par des produits conçus pour être attractifs et faciles à conserver — comme les céréales de petit-déjeuner, les sodas et les plats préparés — crée un environnement où le choix sain demande un effort conscient de lecture d’étiquettes.
L’enjeu est désormais de réduire cette dépendance. Les données convergent vers un point précis : une réduction même modeste, de l’ordre de 10 %, pourrait avoir des effets protecteurs mesurables, tant sur la santé mentale que sur la prévention des maladies chroniques et le maintien des capacités cognitives.
L’information présentée dans cet article est issue de recherches scientifiques et ne remplace en aucun cas un avis médical. Pour toute question relative à votre alimentation ou votre santé, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.
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