L’inflation américaine a bondi à 4,2 % en mai 2026, son niveau le plus élevé depuis avril 2023, selon le Bureau of Labor Statistics. Cette hausse, provoquée par l’explosion des prix de l’énergie suite au conflit avec l’Iran, fragilise le pouvoir d’achat des ménages et complique la stratégie monétaire de la Réserve fédérale.
L’impact direct de la fermeture du détroit d’Ormuz

L’érosion du pouvoir d’achat et le poids sur les ménages
L’inflation ne se limite pas aux pompes à essence. Elle s’est infiltrée dans les produits de consommation courante via l’augmentation des coûts de transport. Les prix alimentaires ont augmenté de 3,1 % sur un an, avec des hausses marquées sur le café, les fruits, les légumes et les produits de boulangerie. Cette situation crée un effet de ciseaux pour les travailleurs. Yahoo Finance rapporte que les gains horaires moyens réels ont reculé de 0,1 %, signifiant que les salaires ne parviennent plus à suivre le rythme des prix.Les Américains sont étranglés financièrement. Ce ne sont pas seulement des « mauvaises vibrations » concernant l’économie. Il y a une réelle souffrance, en particulier pour les ménages de la classe moyenne et à faibles revenus. C’est difficile parce que tant d’articles de base connaissent des augmentations de prix considerables : l’essence, l’électricité, la nourriture, les soins médicaux.
Le dilemme de la Réserve fédérale face à l’inflation sous-jacente
Pour la Réserve fédérale, la question est de savoir si cette inflation est purement énergétique ou si elle s’enracine. L’inflation « core », qui exclut les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, a légèrement augmenté pour atteindre 2,9 % en mai, contre 2,8 % le mois précédent. Ce chiffre reste nettement supérieur à l’objectif à long terme de 2 % fixé par la banque centrale. Si l’inflation globale est portée par le pétrole, la stabilité relative de l’inflation core suggère que les effets de second tour ne sont pas encore totalement généralisés. Seema Shah, stratège mondiale chez Principal Asset Management, estime que cela pourrait permettre à la Fed de rester patiente. Pourtant, le marché s’inquiète. Les investisseurs, qui anticipaient des baisses de taux, intègrent désormais des hausses potentielles d’ici la fin de l’année.La Fed ne sera pas en position de baisser les taux si cela continue. Le marché boursier a grimpé un mur d’inquiétude et a été capable de se rallier grâce à des bénéfices plus solides et des taux d’intérêt stables, mais un environnement de hausse des taux est une tout autre affaire.
Le risque politique pour les Républicains avant les midterms
L’économie devient le terrain de bataille principal pour les élections de mi-mandat de novembre. Pour le Parti républicain, l’enjeu est de maintenir le contrôle des deux chambres du Congrès. Or, la gestion du conflit avec l’Iran et ses conséquences économiques pèsent lourdement sur la popularité de l’administration. Un sondage du Financial Times révèle que 68 % des électeurs désapprouvent la gestion de l’inflation et du coût de la vie par Donald Trump, soit une hausse de 10 points par rapport au mois d’avril. L’ironie politique est soulignée par Erik Gordon, professeur à la Ross School of Business de l’Université du Michigan, qui rappelle que l’inflation avait été un moteur de la victoire de Trump en 2024. Selon lui, le président pourrait désormais mener son parti à la défaite sur ce même sujet. Si les Démocrates venaient à reprendre une ou обоes chambres du Congrès, la capacité de Donald Trump à imposer ses politiques, comme il l’a fait durant son second mandat, se trouverait drastiquement limitée. La trajectoire des prix de l’essence et des produits alimentaires d’ici novembre déterminera probablement le basculement des votes. À court terme, les regards se tournent vers les données sur l’inflation au prix de gros attendues ce jeudi, qui fourniront un indice supplémentaire sur la direction que prendra la Réserve fédérale lors de sa réunion la semaine prochaine.Find more reporting in our Affaires section.
