La Maison-Blanche a dévoilé l’« America’s AI Action Plan », une stratégie visant à faire des États-Unis le champion mondial de l’intelligence artificielle. Selon Vooban, ce plan s’appuie sur trois piliers : l’accélération de l’innovation par la déréglementation, la construction d’infrastructures nationales et l’imposition du leadership américain à l’échelle internationale.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de compétition géopolitique intense, notamment avec la Chine, où la maîtrise de l’IA est perçue comme un facteur déterminant pour la sécurité nationale, la croissance économique et la souveraineté technologique. Le contrôle des modèles de langage et des capacités de calcul est devenu un enjeu de puissance comparable à la course à l’espace durant la Guerre froide.
Les trois piliers de l’« America’s AI Action Plan »
Le déploiement de cette stratégie fait suite à un décret présidentiel publié en janvier dernier, lequel promettait de retirer les obstacles à l’innovation selon Vooban. Le plan officiel, publié en juillet, structure l’approche américaine autour de trois axes prioritaires.
Le premier axe vise l’accélération de l’innovation. Le second se concentre sur le renforcement des infrastructures sur le sol américain. Le troisième pilier prévoit l’imposition du leadership des États-Unis au niveau international, d’après Vooban.
L’objectif global est de réduire le temps de mise sur le marché des nouvelles technologies en limitant les interventions administratives préalables. En positionnant les États-Unis comme le centre névralgique du développement de l’IA, Washington cherche à attirer les capitaux mondiaux et à fixer les standards techniques et éthiques que le reste du monde devra adopter.
Déréglementation et déploiement de la plateforme USAi
L’administration américaine mise sur une déréglementation massive pour stimuler l’adoption de l’IA. Selon Vooban, le gouvernement souhaite revoir l’ensemble des règles qui ralentissent l’intégration de ces technologies. Cette stratégie inclut une promotion de l’« open source » et l’établissement de critères pour garantir que les IA utilisées par l’État soient objectives et exemptes de biais idéologique.
Le soutien à l’open source est stratégique : il permet une innovation décentralisée et évite que le développement de l’IA ne soit concentré uniquement entre les mains de quelques entreprises privées, tout en permettant un audit plus transparent des codes. La question de l’objectivité répond aux débats actuels sur les « garde-fous » des modèles d’IA, certains critiques estimant que les filtres de sécurité actuels imposent des biais politiques ou culturels.
Le plan prévoit également un effort de formation à grande échelle. Vooban rapporte que les États-Unis visent la reconversion professionnelle et l’intégration de l’IA dans le système éducatif, avec un apprentissage accéléré pour des secteurs techniques tels que l’énergie et la maintenance.
Pour centraliser ces ressources, le gouvernement crée USAi, une plateforme fédérale destinée à accélérer l’adoption de l’IA au sein de toutes les agences publiques. L’idée est de moderniser l’administration en automatisant les tâches bureaucratiques et en optimisant la gestion des données publiques. Parallèlement, un centre dédié à la surveillance des menaces liées à l’IA est mis en place pour renforcer la cybersécurité, selon Vooban.
Accélération des infrastructures et pressions sur le Canada
Le volet infrastructurel du plan prévoit une simplification des permis pour la construction de centres de données et une augmentation de la capacité énergétique. Les États-Unis visent également une production accélérée de semi-conducteurs via la construction d’usines, d’après Vooban.
Ce besoin en infrastructure est critique car l’entraînement des grands modèles de langage (LLM) nécessite des quantités massives de puissance de calcul (GPU) et une consommation électrique colossale, mettant sous pression les réseaux électriques existants. En facilitant les permis de construire et l’accès à l’énergie, les États-Unis cherchent à réduire la dépendance envers les fonderies étrangères, notamment asiatiques, en s’appuyant sur des initiatives comme le CHIPS Act pour relocaliser la production de puces.
Cette offensive américaine crée une tension réglementaire avec le Canada. Alors que Washington lève les freins, Ottawa prépare la « Loi sur l’intelligence artificielle et_{text{données}} » (LIAD) pour encadrer l’IA de manière responsable, selon Vooban.
La LIAD, intégrée au projet de loi C-27, propose une approche basée sur le risque, visant à identifier et à réglementer les « systèmes à haute incidence » pour prévenir les préjudices et les résultats discriminatoires. C’est une approche protectrice qui contraste avec la vision américaine centrée sur la vitesse de déploiement.
Ce décalage pose un risque pour l’attractivité du marché canadien. Vooban souligne que des règles trop strictes au Canada pourraient pousser les investisseurs, les talents et les start-ups à traverser la frontière pour profiter du cadre américain plus permissif. Ce phénomène, connu sous le nom d’arbitrage réglementaire, pourrait entraîner une fuite des cerveaux et des capitaux vers le Sud, affaiblissant l’écosystème technologique canadien au profit de la stratégie d’hégémonie américaine.
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