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Une structure géologique grande comme un continent vient d’être découverte sous trois kilomètres de glace en Antarctique

Une équipe internationale de chercheurs a cartographié l'East Antarctic Fan-shaped Basin Province (EAFBP), une structure géologique colossale située sous trois kilomètres de glace en Antarctique oriental. Publiée dans Nature Geoscience en 2026, cette découverte révèle 30 bassins interconnectés…

La Province des bassins en forme d'éventail : une architecture colossale

Une équipe internationale de chercheurs a cartographié l’East Antarctic Fan-shaped Basin Province (EAFBP), une structure géologique colossale située sous trois kilomètres de glace en Antarctique oriental. Publiée dans Nature Geoscience en 2026, cette découverte révèle 30 bassins interconnectés dont la configuration influence directement l’écoulement des glaces et la stabilité climatique mondiale.

L’Antarctique oriental cache un secret d’une ampleur de la taille d’un continent. Pendant des décennies, des formations comme le lac Vostok, le bassin de Wilkes et le bassin d’Aurora étaient étudiées comme des entités isolées. Les nouvelles données géophysiques démontrent qu’elles appartiennent en réalité à une seule et même structure cohérente. Cette Province des bassins en forme d’éventail (EAFBP) se compose de 30 bassins sous-glaciaires allongés selon un axe nord-sud. L’ensemble converge vers un point focal, le pôle d’Euler, situé aux coordonnées 86,4° S, 129,9° E, à proximité immédiate du pôle Sud.

La Province des bassins en forme d’éventail : une architecture colossale

La Province des bassins en forme d'éventail : une architecture colossale
Photo: slate.fr
L’identification de l’EAFBP a nécessité la superposition de volumes massifs de données : mesures gravitationnelles, relevés magnétiques et modélisations de la croûte terrestre. Le résultat est une structure en éventail, où la croûte continentale s’est étalée à partir d’un point central, rappelant le mouvement d’une main dont on écarte les doigts. Ce mécanisme, appelé extension rotationnelle distribuée, a créé des espaces triangulaires qui forment aujourd’hui les bassins observés. C’est l’un des plus grands exemples de ce type d’extension jamais documentés dans la croûte terrestre. L’impact de cette structure ne s’arrête pas aux bassins eux-mêmes. Elle a façonné le relief environnant :
  • À l’ouest : le soulèvement des montagnes Gamburtsev.
  • À l’est : la segmentation de la chaîne Transantarctique en trois blocs distincts.
  • Au nord : la création d’une ligne de faiblesse lithosphérique.

L’héritage du Gondwana et la séparation de l’Australie

Cette mégastructure est le vestige d’une époque où la Terre était configurée différemment. Selon Sciencepost, l’EAFBP s’est développée lors des phases de dislocation du supercontinent Gondwana, qui regroupait l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Inde, l’Australie et l’Antarctique. Le mouvement de rotation de la croûte terrestre, survenu avant la fragmentation complète du supercontinent, a joué un rôle actif dans la séparation physique entre l’Antarctique et l’Australie. La ligne de fracture créée par l’éventail a guidé le détachement des deux masses terrestres. C’est une pièce manquante du puzzle tectonique. En comprenant comment la croûte a pivoté autour du pôle Sud, les chercheurs peuvent désormais mieux expliquer la disposition actuelle des chaînes de montagnes antarctiques.

Un risque climatique : 28 mètres d’équivalent en niveau marin

La découverte dépasse la simple curiosité géologique. L’EAFBP s’étend sous environ la moitié de la calotte glaciaire de l’Antarctique oriental, la plus grande masse de glace de la planète. L’enjeu est colossal : la glace reposant sur cette province représente 28 mètres d’équivalent en niveau marin.

« Ces bassins sous-tendent environ la moitié de la calotte est-antarctique.

L'héritage du Gondwana et la séparation de l'Australie
Photo: lesnumeriques.com
L'Amérique du Sud : ses incroyables contrastes géologiques -La valse des continents -Documentaire HD
Chercheurs de l’étude, via Les Numériques Comme le souligne Slate, les glaciers s’écoulent dans les sillons laissés par ce processus tectonique vieux de 160 millions d’années. La forme du fond rocheux détermine précisément où la glace s’écoule et la vitesse à laquelle elle peut atteindre l’océan. Dans un contexte de réchauffement climatique, la géométrie de l’EAFBP devient un facteur critique. Si les points de bascule sont atteints, la configuration de ces bassins pourrait accélérer la fonte de la calotte orientale, augmentant ainsi la contribution de l’Antarctique à la montée globale des eaux.

Au-delà de la tectonique : des paysages fossiles sous la glace

L’EAFBP n’est pas la seule surprise révélée sous les glaces. D’autres recherches mettent en lumière des reliefs bien plus organiques. Comme le rapporte Radio-Canada, des scientifiques ont identifié un paysage de collines et de vallées verdoyantes, vaste de 32 000 kilomètres carrés, figé sous la glace depuis plus de 34 millions d’années. Ce paysage, comparable à la région de Snowdonia au pays de Galles, aurait abrité des forêts et des animaux avant le gel total du continent. Contrairement à l’EAFBP, qui est une structure de fondation tectonique, ce relief est un vestige d’un écosystème terrestre. Ces deux types de découvertes — l’une structurelle et l’autre paysagère — montrent que l’Antarctique oriental est loin d’être un bloc de glace uniforme. C’est un continent complexe dont la topographie cachée dicte la réponse du climat mondial. La prochaine étape pour les chercheurs consiste à affiner la modélisation de l’interaction entre ces bassins et les flux glaciaires. L’objectif est de transformer ces cartes géologiques en outils de prédiction climatique précis pour les prochaines décennies.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.