Les ministres des Affaires étrangères de Djibouti, Abdoulkader Houssein Omar, et de l’Égypte, Badr Abdelatty, ont tenu un entretien téléphonique ce dimanche 14 juin 2026 pour discuter de la coopération bilatérale et de la sécurité régionale. Cet échange visait à renforcer les liens entre les deux nations tout en abordant les enjeux critiques dans la Corne de l’Afrique et en mer Rouge.
Sécurité régionale et rejet de l’unilatéralisme

Les deux diplomates ont exprimé une opposition ferme à toute initiative qui pourrait compromettre la stabilité de la région. Selon Dailynewsegypt, les discussions ont porté sur la sécurité dans la Corne de l’Afrique et la nécessité de préserver l’équilibre politique. Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Tamim Khalaf, a précisé que les deux parties ont échangé leurs points de vue sur les développements sécuritaires et politiques actuels.
Cette dimension sécuritaire est cruciale car la Corne de l’Afrique et le corridor de la mer Rouge, incluant le passage stratégique du détroit de Bab el-Mandeb, constituent des artères vitales pour le commerce maritime mondial. Toute instabilité dans cette zone peut avoir des répercussions directes sur la sécurité des routes d’approvisionnement internationales. En rejetant l’unilatéralisme, les deux ministres soulignent l’importance de privilégier des mécanismes de coordination multilatéraux et le respect des cadres diplomatiques établis pour prévenir des actions qui pourraient altérer l’équilibre régional sans consensus.
Un axe économique tourné vers l’énergie et la logistique
Au-delà des questions de sécurité, l’entretien a mis en lumière une volonté de densifier les échanges commerciaux et les investissements. Les discussions ont identifié plusieurs secteurs stratégiques pour une collaboration accrue :
- L’énergie
- La logistique et la gestion des ports
- La connectivité maritime
- Le développement des infrastructures
L’objectif est de concrétiser des projets conjoints pour stimuler le commerce bilatéral. L’Égypte souhaite notamment favoriser la présence de son secteur privé sur le marché djiboutien, tout en renforçant la coopération technique par le biais de formations organisées par des institutions égyptiennes. Ce mouvement de rapprochement économique est déjà amorcé, selon l’agence de presse de Djibouti (ADI), qui souligne l’intérêt mutuel pour l’approfondissement de la collaboration dans divers secteurs.
Ce partenariat s’appuie sur la position géographique stratégique de Djibouti, qui agit comme un hub logistique essentiel pour les échanges en Afrique de l’Est. Le renforcement de la gestion portuaire et de la connectivité maritime vise à optimiser les flux commerciaux qui transitent par la région. Pour l’Égypte, l’expansion de son secteur privé et le partage de son expertise technique représentent une opportunité de consolider sa présence économique dans ce corridor, tout en contribuant au renforcement des capacités locales djiboutiennes par la formation spécialisée.
La défense des institutions et de la souveraineté
Le ministre égyptien Badr Abdelatty a profité de cet appel pour réaffirmer les principes fondamentaux de la politique étrangère de son pays, en mettant l’accent sur la préservation des structures étatiques contre toute tentative de déstabilisation.
« Soutenir les institutions étatiques nationales, préserver l’unité et l’intégrité territoriale des nations, et rejeter les tentatives d’imposer des entités parallèles qui contredisent ces principes. » Badr Abdelatty, via Dailynewsegypt
Cette position s’inscrit dans une doctrine diplomatique qui privilégie la primauté de l’État et le respect des frontières reconnues. Le refus d’accepter des « entités parallèles » souligne l’importance de maintenir l’autorité des gouvernements centraux face à toute forme d’organisation ou d’administration non reconnue qui pourrait chercher à exercer une souveraineté de fait. En insistant sur l’intégrité territoriale, le Caire réaffirme son engagement à maintenir un équilibre stable dans une zone où la souveraineté nationale est un enjeu central des relations internationales.
Les deux ministres ont conclu l’entretien en insistant sur l’importance d’une coordination continue pour assurer la paix et la sécurité sur l’ensemble du continent africain.
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