Le président Bassirou Diomaye Faye a nommé Abdoul Madjib Gueye au poste de Premier Président de la Cour des comptes du Sénégal, ce mardi 16 juin 2026. Acté par le décret n°2026-1177, ce changement intervient pour remplacer Mamadou Faye, admis à la retraite, dans un effort affiché de renforcement de la transparence publique.
Le profil d’Abdoul Madjib Gueye et son ascension interne
Le choix de Bassirou Diomaye Faye s’est porté sur une figure déjà établie au sein de la haute juridiction financière. Le journal Le Soleil précise qu’Abdoul Madjib Gueye est conseiller maître de classe exceptionnelle. Ce grade représente l’un des échelons les plus élevés de la hiérarchie judiciaire sénégalaise, attestant d’une longue expérience et d’une expertise reconnue dans le domaine du droit et des finances publiques.

Avant cette nomination, il dirigeait la Chambre des entreprises publiques. Cette responsabilité est stratégique, car elle place le magistrat au cœur du contrôle des sociétés nationales et des agences autonomes, des entités souvent scrutées pour leur gestion financière. Cette trajectoire suggère une volonté de maintenir une expertise technique à la tête de l’institution, en privilégiant un cadre qui maîtrise déjà les rouages du contrôle des organismes publics et les mécanismes de vérification des flux financiers de l’État.
Le mécanisme de succession et le décret 2026-1177
La transition s’est opérée via un acte administratif formel, conformément aux procédures de nomination des hauts magistrats. Le décret n°2026-1177, daté du 16 juin 2026, officialise le départ de Mamadou Faye. Ce dernier a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite, laissant ainsi la place à son successeur pour diriger l’institution.

Selon Dakaractu, le communiqué de la Présidence de la République détaillant cette nomination a été signé par Oumar Samba Ba, ministre Secrétaire général de la Présidence. La signature du Secrétaire général de la Présidence formalise la volonté du chef de l’État d’engager cette transition institutionnelle à la tête de la juridiction financière.
L’objectif de transparence et de reddition des comptes
Cette nomination ne se limite pas à un simple remplacement administratif. Elle s’inscrit dans une stratégie politique plus large visant à assainir la gestion des finances de l’État. Seneweb rapporte que l’exécutif lie cette décision à un engagement pour le renforcement des institutions et la consolidation de l’État de droit.
Cette nomination s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’État en faveur du renforcement des institutions, de la transparence dans la gestion publique et de la consolidation de l’État de droit
. — Présidence de la République, via Seneweb
Le gouvernement affiche une volonté accrue de rigueur dans le suivi des fonds publics. Senego souligne que l’État réaffirme ainsi son engagement pour le bon fonctionnement des organes chargés de veiller à l’utilisation rigoureuse des ressources publiques. L’enjeu est clair : transformer la Cour des comptes en un levier efficace de reddition des comptes pour limiter les dérives dans la gestion des deniers publics, un concept qui implique que tout gestionnaire de fonds publics doit rendre compte de son utilisation devant une autorité compétente.
Le rôle central de la Cour des comptes dans la gouvernance
Pour comprendre la portée de cette nomination, il faut rappeler les prérogatives de l’institution. La Cour des comptes est l’institution supérieure de contrôle des finances publiques. Elle ne se contente pas d’un audit administratif, mais agit comme une juridiction qui juge les comptes. Elle assure deux missions critiques :

- La vérification de la régularité des comptes de l’État : Cela inclut le contrôle de l’exécution du budget national et la vérification de la conformité des dépenses publiques.
- L’évaluation de la gestion des organismes publics : La Cour analyse l’efficacité et l’efficience de la gestion des entreprises publiques, des collectivités territoriales et des établissements publics.
Comme le souligne Leral.net, l’institution constitue un pilier essentiel du dispositif national de bonne gouvernance. En publiant des rapports publics, la Cour des comptes permet un contrôle citoyen et parlementaire sur l’utilisation de l’argent public. La nouvelle équipe dirigeante devra donc non seulement poursuivre les contrôles classiques, mais aussi accompagner la modernisation de la gouvernance financière de l’État.
L’arrivée d’Abdoul Madjib Gueye intervient donc à un moment où la pression pour une gestion transparente est maximale. Le nouveau Premier Président héritera d’une mission de contrôle renforcée, visant à instaurer une culture de responsabilité accrue au sein de l’administration sénégalaise. Sa connaissance préalable des entreprises publiques sera déterminante pour identifier les zones de vulnérabilité financière et proposer des mesures correctives pour sécuriser les ressources de l’État.
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