La chute du NASDAQ et le doute sur la rentabilité de l’IA
L’ouverture de Wall Street a été marquée par un repli significatif des indices technologiques. Selon Radio-Canada, le NASDAQ a décroché de 2,44 %, tandis que le S&P 500 perdait 1,49 % et le Dow Jones reculait de 0,60 %. Ce mouvement reflète une inquiétude généralisée des investisseurs face à des valorisations jugées vertigineuses pour les entreprises centrées sur l’intelligence artificielle.
L’instabilité ne s’est pas limitée aux États-Unis. En Asie, la tendance a été encore plus brutale : Séoul a enregistré une dégringolade de 9,99 %, Tokyo a cédé 3,55 % et Taipei a reculé de 1,34 %. En Europe, les marchés ont suivi la tendance avec des pertes à Francfort (-1,16 %), Milan (-1,30 %), Paris (-0,75 %) et Londres (-0,49 %).
Alphabet a été particulièrement touché, chutant de 5,02 %. Cette baisse est attribuée au départ de deux de ses spécialistes en IA vers des entreprises concurrentes, un signal perçu comme une fragilisation de son avantage compétitif dans un secteur où la guerre des talents est féroce.
L’emprunt de 20 milliards de dollars de SpaceX comme déclencheur
Un facteur aggravant de cette chute a été l’annonce faite par SpaceX concernant un nouvel emprunt pouvant atteindre 20 milliards de dollars. Pour Les Affaires, cette décision souligne que la récente introduction en Bourse de l’entreprise n’a pas suffi à combler ses besoins de financement.
L’impact sur le titre de SpaceX a été immédiat, avec une chute de 16,40 %. Cette annonce a ravivé les craintes sur la viabilité financière à long terme des investissements colossaux requis pour le développement de l’IA et des infrastructures spatiales.
Le krach des semi-conducteurs mondiaux

Le secteur des semi-conducteurs, moteur principal des marchés mondiaux ces derniers mois, subit une correction sévère. Ces composants sont pourtant indispensables à la construction des centres de données nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA.
Les pertes enregistrées sont massives, particulièrement en Asie et en Europe :
- Samsung Electronics : -12,31 % (Séoul)
- SK hynix : -12,47 % (Séoul)
- Kioxia : -15,09 % (Tokyo)
- Micron Technology : -11,1 % (Wall Street)
- STMicroelectronics : -7,77 % (Paris)
- Infineon : -5,39 % (Francfort)
- ASML : -4,90 % (Amsterdam)
Cette vague de ventes est interprétée par certains analystes comme une prise de bénéfices après un rallye spectaculaire, alors que les investisseurs commencent à questionner la pérennité de la croissance.
Le paradoxe entre prévisions de bénéfices et taux de la Fed

Malgré la chute des cours, un contraste frappant apparaît dans les données fondamentales. D’après Boursorama, les estimations de bénéfices pour le secteur technologique du S&P 500 restent solides.
Les données de LSEG indiquent que les bénéfices du secteur technologique devraient augmenter de 61,4 % au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente, une prévision en hausse comparativement aux 50,2 % estimés début avril. À titre de comparaison, le secteur de l’énergie prévoit une hausse encore plus forte de 117,2 %.
Tant que nous ne constaterons pas de détérioration significative des prévisions de bénéfices, nous estimons que le contexte fondamental reste favorable à l’IA, à la technologie et aux actions, et que les récents replis créent des opportunités plutôt que de signaler la fin de la reprise.
Nick Raich, directeur général de The Earnings Scout
Cependant, cette solidité fondamentale se heurte à la réalité macroéconomique. Neil Wilson, de Saxo Markets, avertit que la Réserve fédérale américaine pourrait relever ses taux dès juillet pour contrer la montée de l’inflation. Un tel ajustement pourrait provoquer des sorties de capitaux précipitées, compte tenu de la rapidité et de l’ampleur de l’afflux massif vers l’IA.
Tensions géopolitiques et stabilisation du pétrole
En parallèle de la crise technologique, les marchés surveillent les négociations entre Washington et Téhéran. Des discussions tenues au Bürgenstock Resort Lake Lucerne, en Suisse, ont conduit les États-Unis à annoncer une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.
Cette détente relative a pesé sur les cours du brut. Le baril de pétrole a régressé de 73 cents US pour s’établir à 73,58 $US. Bien que J.D. Vance ait salué des bases solides pour un accord final, Téhéran a maintenu mardi sa volonté de garder le contrôle de ses positions.
Sur le plan technique, Zonebourse note que l’indice S&P 500 est actuellement dans une phase de consolidation horizontale. La surveillance se porte désormais sur les seuils des 7362 et 7621 points ; une rupture par le bas pourrait accentuer les dégagements vers les 7237 points.
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