Des enseignants affiliés au Syndicat National de l’Éducation au Maroc ont manifesté devant le ministère de l’Éducation pour exiger que le samedi devienne un jour de repos officiel et que la charge horaire hebdomadaire en classe soit ramenée à 18 heures.
Contestations sur le temps de travail et le cadre légal
Le syndicat soutient que l’obligation de travailler le samedi est en contradiction avec un décret de 2005, lequel fixe la semaine de travail pour le secteur public du lundi au vendredi. Bien que le ministère de l’Éducation n’ait pas publiquement répondu à cette interprétation, Ezzeddine Amami, secrétaire général national du syndicat, a affirmé à Hespress que le travail le samedi ne devrait être imposé que dans des circonstances exceptionnelles, précisant qu’aucune nécessité de ce type n’existe dans le secteur de l’éducation.
Selon le syndicat, la charge de travail actuelle, augmentée par des « heures de solidarité », n’est plus justifiée. M. Amami a souligné l’existence d’écoles fonctionnant avec un système de triple vacation où les enseignants effectuent 18 heures par semaine tout en parvenant à achever le programme scolaire. En conséquence, l’organisation demande au gouvernement d’appliquer un plafond de 18 heures pour l’enseignement primaire, le collège et le lycée, sans attendre de modifications du curriculum national.
Revendications financières et inégalités de traitement
Outre la réduction du temps de travail, les manifestants ont réclamé le paiement rétroactif d’une allocation supplémentaire de 500 MAD pour les enseignants exclus de cet avantage depuis janvier 2025. Abdelhalim Amine, secrétaire national adjoint du syndicat, a précisé que les enseignants du primaire et du collège ont été écartés de ce bénéfice, alors qu’ils représentent la majeure partie du personnel enseignant du pays.
M. Amine a affirmé que cette exclusion crée un traitement inégal entre les membres du personnel éducatif et incite les enseignants à chercher des mutations vers des catégories professionnelles offrant une meilleure rémunération.
Tensions régionales et dossiers administratifs en suspens
Parallèlement, la Coordination Nationale des Enseignants Contractuels a organisé une manifestation le 11 juillet 2026 devant l’Académie Régionale de l’Éducation et de la Formation de la région Marrakech-Safi. Cette action fait suite à ce que la coordination qualifie de « procrastination et de mépris » de la part de l’académie et de la direction provinciale concernant la régularisation de dossiers financiers et administratifs.
Un accord issu d’une réunion de négociation le 19 mai 2026 avait suspendu les manifestations en échange d’un délai supplémentaire pour traiter ces dossiers avant la fin du mois de juin. Cependant, la coordination a indiqué que le taux de réalisation des engagements n’a pas dépassé 20 %, alors que les attentes étaient d’au moins 80 %.
Principaux dossiers financiers revendiqués à Marrakech-Safi :
- Indemnités de résidence pour les zones (A) et (B), en retard depuis neuf ans.
- Allocations familiales.
- Promotions d’échelon bloquées depuis trois ans.
- Indemnités liées aux missions d’administration pédagogique, aux heures de soutien et aux cours réglementaires.
- Indemnités de surveillance et de correction des examens du baccalauréat pour les sessions 2024 et 2025.
Appels à l’intervention et perspectives
Face à l’impasse, la coordination a appelé l’Inspection Générale du ministère de l’Éducation Nationale et la Cour des Comptes à intervenir d’urgence pour ouvrir une enquête sur la gestion et le versement des indemnités financières, afin de garantir le respect des délais et le contrôle des fonds publics.
La manifestation devant le ministère, placée sous le slogan « Le Dernier Souffle », s’est déroulée alors que les employés signaient leurs registres de départ administratif de fin d’année. Le syndicat a exhorté le ministère à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre les engagements non tenus. À Marrakech, la coordination a averti que les protestations pourraient se poursuivre durant les vacances d’été et s’étendre jusqu’à la rentrée scolaire prochaine si aucune solution concrète n’est apportée.
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