Le port d’Anvers a enregistré une hausse spectaculaire des saisies de cannabis en 2025, passant de un peu moins de 5 tonnes en 2024 à 21 tonnes. Selon le ministère des Finances belge, ces cargaisons provenaient presque exclusivement du Canada, où la légalisation de l’usage récréatif et le développement de la culture ont favorisé des flux d’exportation vers l’Europe jugés très lucratifs.
Une provenance canadienne prédominante
Sur les 13 cargaisons de cannabis interceptées en 2025, 12 étaient originaires du Canada et une seule provenait de Thaïlande. Francis Adyns, porte-parole du Service public fédéral (SPF) Finances, a précisé que la Belgique fait face à des envois illégaux provenant du Canada, des États-Unis et de Thaïlande, pays autorisant partiellement ou totalement la production de cannabis.
Mathieu Bertrand, directeur général des crimes graves et du crime organisé à la Gendarmerie Royale Canadienne (GRC), a expliqué que certaines organisations criminelles falsifient des certificats de production, initialement prévus pour des fins médicales, afin de produire du cannabis sous un aspect légal. Pour contrer cela, la GRC a investi au cours des six derniers mois dans des ressources accrues aux ports, aéroports et frontières terrestres.
Évolution des saisies de stupéfiants dans les ports du Nord
La tendance à la hausse se confirme également à Rotterdam, où les saisies de cannabis ont plus que quintuplé, grimpant de 9,9 tonnes en 2024 à 52,7 tonnes en 2025. Le Canada y est cité comme l’un des principaux pays d’exportation, aux côtés des États-Unis et de la Thaïlande.
Le bilan pour la cocaïne est plus contrasté. À Anvers, les saisies ont augmenté, passant de 44 tonnes en 2024 à 55 tonnes l’an dernier, bien que ce chiffre reste inférieur au record de 121 tonnes établi en 2023. À l’inverse, Rotterdam a vu ses saisies reculer, passant de 25 tonnes en 2024 à 11,5 tonnes en 2025. Le ministère des Finances souligne toutefois que la Belgique demeure la principale destination européenne pour les cargaisons de cocaïne maritimes.
Stratégies de lutte et moyens techniques
Face à des organisations criminelles dont le marché européen du cannabis générerait 12 milliards d’euros par an selon l’agence européenne des drogues (EUDA), les autorités renforcent leurs contrôles. Ine Van Wymersch, commissaire nationale aux drogues, préconise de s’attaquer au blanchiment d’argent et de maximiser le contrôle de la chaîne logistique.

Sur le plan technique, Anvers a scanné 72 500 conteneurs à risque l’an dernier, contre 45 000 en 2023, avec l’objectif d’atteindre entre 350 000 et 400 000 scanners annuels. À Rotterdam, la douane a augmenté le nombre de contrôles en 2025 et envisage de réduire le délai de notification pour l’inspection des conteneurs de 72 à 24 heures, tout en étudiant la possibilité de scanner les conteneurs dès leur déchargement.
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