Le secrétaire américain à l’Armée de terre Dan Driscoll a présenté sa démission après dix-huit mois en fonction. Sa décision intervient sur fond de tensions prolongées avec le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, marquant un nouveau remaniement au sein du commandement militaire américain sous l’administration Trump.
Le départ de Dan Driscoll a été confirmé par la Maison-Blanche à l’Agence France-Presse, après une première indiscrétion révélée par le Wall Street Journal et reprise par plusieurs grands médias américains. En poste depuis sa confirmation par le Sénat en février 2025, ce vétéran de la guerre en Irak et investisseur technologique quitte ses fonctions alors que le Pentagone traverse une période de profonds bouleversements hiérarchiques.
Tensions au Pentagone et divergences sur la modernisation
Selon des informations concordantes rapportées par les sources proches du dossier, le mandat de Dan Driscoll a été marqué par des frictions récurrentes avec le ministre de la Défense Pete Hegseth. Les différends portaient notamment sur la transformation et la préparation opérationnelle de l’Armée de terre, ainsi que sur le blocage de certaines initiatives de modernisation par la hiérarchie du Pentagone.
Dan Driscoll avait activement poussé l’institution militaire à faire preuve de plus d’agilité dans l’acquisition d’équipements, notamment en fustiguant publiquement les grands maîtres d’œuvre de la défense. La base industrielle de défense au sens large, et les maîtres d’œuvre en particulier, ont dupé le peuple américain, le Pentagone et l’Armée de terre
, avait-il déclaré l’année dernière. Ses efforts pour simplifier les procédures et accélérer la production de systèmes de drones et de technologies anti-drones se sont toutefois heurtés à des résistances internes, s’ajoutant aux limogeages successifs de plusieurs hauts gradés par Pete Hegseth.
Un rôle diplomatique inattendu dans le dossier ukrainien
Au-delà de ses attributions traditionnelles à la tête de l’Armée de terre, Dan Driscoll s’était vu confier une mission inhabituelle pour un responsable de ce rang. Il avait notamment participé aux discussions diplomatiques entre Moscou et Kiev pour tenter de contribuer à la résolution de la guerre en Ukraine, endossant un rôle d’émissaire pour la Maison-Blanche.

Malgré ces missions, la Maison-Blanche a tenu à saluer son bilan par la voix de sa porte-parole, Anna Kelly. Dans un communiqué officiel, l’exécutif américain a souligné l’action du secrétaire sortant dans la mise en œuvre de la politique présidentielle en mettant en avant son engagement pour la préparation des troupes.
« Le secrétaire Driscoll s’est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump […] apportant un leadership remarquable lors d’opérations militaires historiques. »
Anna Kelly, porte-parole de la Maison-Blanche
La porte-parole a également ajouté que l’armée des États-Unis est plus puissante que jamais grâce au travail conjoint mené avec le commandant en chef et le secrétaire à la Défense.
Une série de départs et de remplacements au sommet de l’armée
Ce départ s’inscrit dans une vague plus large de changements au sein de l’appareil militaire américain depuis le début du second mandat de Donald Trump. Le Pentagone a notamment connu le départ inattendu du secrétaire à la Marine John Phelan, ainsi que l’éviction en avril du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, remplacé par la suite par le général Christopher LaNeve.
Sous la nouvelle direction, certaines orientations impulsées par Dan Driscoll ont rapidement été infléchies, à l’instar d’un programme de modernisation des drones développé en Europe qui a été réorienté vers un format d’infanterie traditionnel.