Un jury de Las Vegas a reconnu Duane « Keffe D » Davis coupable de meurtre au premier degré dans l’assassinat de la légende du hip-hop Tupac Shakur en septembre 1996, à l’issue d’un procès très médiatisé qui s’est tenu le lundi 31 août 2026.
Le verdict et les accusations retenues contre Duane Davis
Le procès, qui s’est déroulé sur plusieurs semaines au tribunal de district du comté de Clark au Regional Justice Center, a rassemblé les témoignages de vingt-quatre témoins pour l’accusation et de trois pour la défense. Bien que Davis n’ait jamais été accusé d’avoir tiré lui-même les coups de feu fatals, les procureurs ont établi sa responsabilité criminelle en tant que celui qui a fourni l’arme et ordonné l’exécution de l’attaque.
La préméditation et le rôle de commanditaire mis en avant par le parquet
Pendant les plaidoiries finales, le premier substitut du procureur, Binu Palal, a soutenu que l’accusé avait fourni une arme et était parti à la recherche de Tupac Shakur et du cofondateur de Death Row Records, Marion SugeKnight. L'attaque est survenue en représailles à une bagarine intervenue plus tôt dans la soirée dans le hall d'un hôtel-casino de Las Vegas, opposant l'entourage de l'artiste au neveu de Davis, OrlandoBaby Lane Anderson.

L’accusation s’est largement appuyée sur les propres déclarations passées de l’accusé, incluant des entretiens policiers enregistrés en 2008, des interventions sur YouTube et des extraits de ses mémoires publiés en 2019 intitulés Compton Street Legend
. Dans ces documents et interviews, Davis avait reconnu s’être trouvé dans la Cadillac blanche d’où les coups ont été tirés et avoir fourni l’arme à feu.
Sous le droit de la Californie et du Nevada, si vous êtes celui qui donne les ordres, si vous remettez l’arme à quelqu’un, même si vous n’avez pas tiré, c’est exactement la même chose. Royal Oakes, analyste juridique pour NBC4, via NBC Los Angeles
Les réactions de la famille et l’épreuve des preuves médico-légales
Le déroulement du procès a offert des moments d’une vive émotion pour les proches de la victime. Certains membres de la famille de Tupac Shakur ont préféré quitter la salle d’audience avant la présentation des photographies de l’autopsie par l’experte médico-légale du comté de Clark, le Dr Lisa Gavin, tandis que d’autres ont choisi de rester pour affronter la réalité des faits, ainsi que l’a relaté ABC7.

Le cousin de l’artiste, Zayd Akinyela, a expliqué que cette démarche représentait une étape nécessaire pour entamer véritablement son propre deuil, trente ans après les faits. Lors de son témoignage, le Dr Gavin a détaillé les blessures subies par Shakur, touché par plusieurs balles, dont l’une a perforé un poumon et provoqué des lésions internes graves avant son décès survenu six jours plus tard à l’hôpital.
La défense et les zones d’ombre soulevées au cours des débats
De son côté, l’avocat de la défense, Michael Sanft, a vigoureusement contesté la version de l’accusation en qualifiant les déclarations antérieures de son client de simple autofiction et de vantardise destinée à attirer l’attention et à générer des profits financiers. La défense a souligné l’absence de preuves matérielles directes ou d’enregistrements téléphoniques établissant formellement la présence de Davis sur les lieux du crime ou confirmant ses aveux.
Malgré ces arguments, le jury a estimé que les éléments présentés par le parquet suffisaient à établir la culpabilité de l’ancien membre des South Side Compton Crips, refermant ainsi un chapitre judiciaire ouvert pendant près de trois décennies sur l’un des crimes les plus célèbres de l’histoire de la musique.