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Pourquoi l’algue « Ostreopsis » envahit‑elle la côte basque chaque été

by Thomas Caron
Ostreopsis : ce qu’il faut savoir sur cette micro-algue toxique présente sur les plages du Pays basque

Chaque été, des nappes d’eau brune apparaissent sur la côte basque, entraînant des fermetures de plages et des irritations respiratoires. Des chercheurs de Sorbonne Université étudient l’algue toxique Ostreopsis, qui a colonisé la région depuis 2019.

Depuis plusieurs années, les plages du Pays basque se retrouvent confrontées à une invasion inquiétante d’algues brunes, provoquant des fermetures préventives et des alertes sanitaires. Cette algue, nommée Ostreopsis, est une microalgue toxique originaire des régions tropicales, qui s’est implantée sur la côte basque, notamment depuis 2019, selon des recherches menées par des équipes de Sorbonne Université.

Origines et caractéristiques de l’Ostreopsis

L’Ostreopsis, une microalgue brune, se développe principalement au fond de l’eau avant de se détacher pendant la journée pour former des amas gélatineux à la surface. Cette algue, invisible à l’œil nu en dehors de concentrations élevées, peut atteindre jusqu’à 600.000 cellules par litre d’eau, donnant une coloration brune aux zones où elle prolifère. Son apparition en France remonte à 1972, avec une première observation dans la rade de Villefranche, selon l’INA.

« Ces microalgues sont essentielles au fonctionnement des écosystèmes marins, mais leur développement en zone côtière peut avoir des effets délétères sur la santé humaine », explique une étude menée par des chercheurs de Sorbonne Université. L’Ostreopsis produit des toxines qui se dispersent dans les embruns, affectant les baigneurs et les personnes proches des côtes, comme le souligne le site de la communauté d’agglomération du Pays basque.

Symptômes et réactions sanitaires

Les expositions à l’Ostreopsis peuvent provoquer des irritations respiratoires, des toux, des maux de gorge, et même des symptômes grippaux. Plus de 900 cas d’intoxication ont été recensés depuis 2021 sur la côte basque, selon l’ARS Nouvelle Aquitaine. « Les symptômes apparaissent généralement en 6 heures après l’exposition et disparaissent en 3 à 4 jours, mais ils peuvent s’aggraver », prévient l’agence sanitaire, recommandant de consulter un médecin en cas de persistances.

« Les toxines produites par Ostreopsis se dispersent ensuite dans les embruns et peuvent affecter les baigneurs mais aussi les personnes à proximité du bord de mer », indique le site de la communauté d’agglomération du Pays basque. Des mesures de prévention sont mises en place, comme la douche après la baignade et l’éviscération des poissons pour éviter l’ingestion de toxines accumulées.

Réactions et mesures prises

En 2021, l’apparition de l’Ostreopsis avait entraîné la fermeture de plages basques, gâchant les vacances de nombreux touristes. Cette année, des mesures similaires ont été prises, comme la fermeture de la plage du Port Vieux à Biarritz le 21 juillet. Les autorités locales surveillent étroitement la situation, en collaboration avec des chercheurs et des organismes sanitaires.

Les chercheurs travaillent à mieux comprendre le lien entre la coloration des eaux et les irritations respiratoires, tout en recherchant des solutions pour limiter l’impact de cette algue sur la santé publique.

Perspectives et prochaines étapes

Alors que l’Ostreopsis reste un phénomène méconnu, les autorités et les chercheurs continuent d’analyser son évolution. Les mesures de prévention, comme l’évitation des zones à risque et l’information des baigneurs, sont essentielles pour réduire les risques. Des recherches sont en cours pour mieux comprendre les conditions environnementales favorables à sa prolifération, notamment la température de l’eau et la salinité, selon les observations de Rodolphe Lemée et Eva Ternon.

Photo: 20minutes

Les chercheurs espèrent identifier des facteurs clés pour mieux anticiper les périodes de forte concentration d’Ostreopsis et adapter les mesures de prévention.

En attendant, les plages du Pays basque restent sous surveillance, et les baigneurs sont invités à respecter les consignes de sécurité. Les autorités et les chercheurs continuent de collaborer pour mieux comprendre et gérer cette algue toxique, qui reste un défi pour la santé publique et l’économie locale.

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