La ministre palestinienne des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian Shahin, a déclaré le 3 août 2026 que la violence des colons israéliens et l’expansion des colonies forment les deux piliers complémentaires
d’un projet colonial visant à s’emparer des terres palestiniennes, transformant ces agressions en outils de mutation démographique systématique.
L’impunité dont bénéficient les colons armés n’est plus, selon le gouvernement palestinien, une simple conséquence des colonies, mais un moteur actif de la politique israélienne. Lors d’une conférence de presse à Ramallah, Varsen Aghabekian Shahin a dénoncé une politique officielle d’impunité, soutenue par des États fournissant des armes et un appui politique, notamment via le droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le front hebdomadaire du village d’al-Mughayyir
Sur le terrain, cette stratégie se traduit par des affrontements routiniers. Dans le village d’al-Mughayyir, en Cisjordanie occupée, les attaques contre les habitations palestiniennes sont devenues hebdomadaires. Un exemple récent illustre cette tension : la famille Abu Alia a vu son enceinte assiégée par de jeunes colons armés de bâtons, tandis que des soldats israéliens patrouillaient dans les rues.
Ces incursions ne sont pas fortuites. Des appels ont circulé sur les réseaux sociaux pour expulser l’ennemi
, s’appuyant sur des citations de la Torah pour justifier le refoulement des habitants. Si le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenté de réduire ces auteurs à une poignée de délinquants juvéniles
ou d’adolescents issus de familles brisées, la BBC rapporte la présence de colons plus âgés et armés opérant aux côtés de soldats.
Destruction des terres et moyens de subsistance
Des bulldozers israéliens sont entrés dans la zone et ont commencé à raser les terres agricoles. Habitant, via BBC

Responsabilités juridiques et droit international
Varsen Aghabekian Shahin rappelle que, selon le droit international humanitaire, Israël assume la responsabilité juridique première de protéger les civils palestiniens en tant que puissance occupante. Cette obligation impose de prévenir les violences, d’enquêter sur les auteurs et de les poursuivre.
La ministre s’appuie sur plusieurs références juridiques pour qualifier l’illégalité des colonies :
- Les conclusions de la Cour internationale de Justice.
- La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies.
- Le cadre général du droit international interdisant l’acquisition de territoire par la force.
Elle rejette l’idée que ces attaques soient des actes isolés d’extrémistes, arguant que l’organisation et le soutien politique observés depuis trois ans prouvent l’existence d’une tendance structurée. Elle dénonce également un renversement du discours où les Palestiniens défendant leurs maisons sont qualifiés de terroristes, tandis que les colons armés sont présentés comme des victimes.
L’escalade depuis l’occupation de 1967
Israël a ainsi établi plus de 100 colonies abritant plus d’un demi-million de Juifs sur des terres revendiquées par les Palestiniens pour un futur État.
Au-delà des colonies officielles, des centaines de campements informels, débutant souvent par une simple tente ou caravane, s’installent aux sommets des collines, souvent à proximité immédiate des villages palestiniens. L’absence d’intervention militaire lors des attaques est notable : des images filmées par la famille Abu Alia montrent des soldats s’approchant des adolescents attaquants pour les éloigner en douceur
, sans tenter de confisquer leurs armes ou bâtons.
Face à ce qu’elle qualifie de projet colonial, la ministre Shahin appelle la communauté internationale à dépasser les déclarations de préoccupation pour exiger le désarmement immédiat des milices de colons et le démantèlement des colonies. Elle avertit que chaque jour d’inaction accélère l’annexion des territoires et compromet toute perspective de paix juste et durable.
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