Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a tenté de solliciter le soutien de l’administration de Donald Trump le 3 août 2026 pour maintenir son poste. Cette démarche survient après l’abandon d’un projet de privatisation commerciale controversé et une pression croissante de l’UEFA et de plusieurs fédérations nationales pour sa démission.
Isolé et fragilisé, Gianni Infantino joue sa dernière carte diplomatique. Selon les informations du New York Post et de la BBC, le patron du football mondial a cherché à obtenir un entretien téléphonique avec l’administration américaine ce lundi 3 août 2026. L’objectif serait d’obtenir un soutien public
pour contrer les critiques massives qui visent sa présidence et son récent projet mercantile.
Le New York Post affirme que cet appel ne concerne que la protection de son emploi. Pour justifier ce contact, Infantino aurait prétexté vouloir expliquer comment le football pourrait servir de soft power
pour les États-Unis, une argumentation que certaines sources qualifient de simple façade pour sauver sa tête.
Le projet FIFA Forward Enterprise et la fronde interne
La crise actuelle trouve sa source dans la révélation d’un plan confidentiel nommé « FIFA Forward Enterprise ».

Cette tentative de privatisation, menée à l’insu des fédérations, a provoqué un sentiment de trahison au sein de l’organisation. Le directeur des opérations, Kevin Lamour, a publiquement exprimé sa colère. En parallèle, un groupe de dirigeants a lancé une offensive nommée Project Kill The Monster
pour exiger le départ immédiat du président.
La réaction la plus radicale est venue de l’UEFA qui, fin juillet, a voté à l’unanimité le boycott des compétitions de la Fifa. Cette décision menaçait directement l’organisation du Mondial 2030, attribué conjointement au Maroc, à l’Espagne et au Portugal, forçant finalement Gianni Infantino à abandonner son projet commercial dans la nuit du vendredi au samedi précédant le 3 août.
Des démentis officiels face à un soutien ambigu de Donald Trump
La stratégie de survie d’Infantino se heurte à des démentis formels. Le Secrétariat d’État américain a nié tout contact avec le président de la Fifa. Dylan Johnson, secrétaire général adjoint, a précisé sur X que le secrétaire d’État Marco Rubio n’avait aucun rendez-vous ni appel prévu avec lui.
Pourtant, le Telegraph rapporte une nuance importante en citant des sources à la Maison Blanche. Le quotidien britannique assure que Donald Trump, qui apprécie Infantino pour son aide lors de l’organisation de la Coupe du monde, pourrait faire tout son possible pour empêcher Gianni Infantino d’être renversé
.
Les deux hommes entretenaient des liens étroits depuis neuf mois, marqués par la remise en 2025 d’un « Prix de la Paix » décerné à Donald Trump par la Fifa lors du tirage au sort du Mondial 2026.
L’affaire Balogun et la perte de crédibilité institutionnelle
L’instabilité actuelle s’ajoute à un précédent scandale lié à l’attaquant américain Folarin Balogun. Ce dernier avait été exclu lors des 16es de finale du Mondial 2026 après un carton rouge contre la Bosnie-Herzégovine. Suite à une intervention personnelle de Donald Trump auprès de Gianni Infantino, la Fifa a transformé cette sanction en peine avec sursis d’un an, une mesure jugée rarissime à ce stade de la compétition.

L’UEFA a qualifié cette décision d’incompréhensible et injustifiable
, dénonçant une ingérence politique majeure. Ce revirement a entraîné une vague de critiques et une pétition en ligne réclamant la démission du président, dont la position a été décrite comme intenable
par plusieurs personnalités médiatiques.
Un isolement croissant et des obstacles à la destitution
Le soutien institutionnel s’effrite rapidement. Le Pays de Galles a officiellement retiré son appui à la candidature d’Infantino pour sa réélection. Selon The Athletic, la Fédération anglaise (FA) devrait suivre cet exemple. L’Allemagne a également manifesté son opposition, et le président de la Fifa a vu partir son plus proche conseiller américain.

Malgré ce chaos, un départ immédiat reste improbable. Le rapport de FairSquare souligne que de nombreuses fédérations dépendent financièrement du programme FIFA Forward, recevant des aides. Cette dépendance limite leur capacité réelle à s’opposer au président.
En l’absence de mécanisme de contrainte immédiat et d’adversaire déclaré, Gianni Infantino conserve une position dominante jusqu’au prochain congrès électif, prévu en 2027. La situation reste toutefois suspendue à la convocation d’une réunion d’urgence de l’instance pour rendre des comptes sur la gestion actuelle.
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