Madagascar a officiellement reçu 30 000 doses de vaccin contre la mpox, fournies par Bavarian Nordic, pour lancer une campagne de vaccination ciblée le 5 mars 2026. L’épidémie, déclarée fin décembre 2025, dépasse désormais le seuil des un millier de cas signalés à travers le pays.
La campagne de vaccination contre la variole du singe s’accélère à Madagascar face à une courbe épidémique qui franchit de nouveaux paliers.
Réception des vaccins à l’Hôpital Militaire d’Antananarivo
La livraison officielle s’est déroulée dans l’enceinte de l’Hôpital Militaire Soavinandriana, en présence du Premier ministre, de la ministre de la Santé, ainsi que des représentants de l’Organisation mondiale de la Santé et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance.
Le coût total de cette acquisition s’élève à 1 956 350 dollars américains, dont 1 950 000 dollars consacrés spécifiquement à l’achat des doses évaluées à 65 dollars l’unité. Sur le plan financier, l’UNICEF a financé 18 000 doses, tandis que le fabricant en a offert 12 000 par le biais d’un mécanisme coordonné avec Africa CDC et l’OMS.
Une épidémie ancrée dans le nord-ouest et en expansion urbaine
Depuis cette première alerte enregistrée durant la semaine épidémiologique 51 de l’année 2025, le virus s’est propagé progressivement.

Les chiffres compilés par les agences humanitaires montrent une accélération marquée au premier trimestre 2026 :
- Au 12 janvier 2026, le pays recensait 228 cas (dont 24 confirmés en laboratoire), sans aucun décès enregistré à cette date selon les rapports de suivi de situation publiés sur ReliefWeb.
- Au 3 mars 2026, le cumul atteignait 1 086 cas signalés, dont 474 confirmés répartis dans seize régions de la Grande Île.
- À la mi-avril 2026, le volume total cumulé s’établissait à 1 574 cas suspects, incluant 749 cas confirmés en laboratoire.
La région de Boeny demeure l’épicentre principal de l’épidémie, concentrant une part importante des cas, talonnée par la région de la capitale Analamanga.
Stratégie vaccinale ciblée et défis logistiques
Validé par le Groupe Technique Consultatif sur la Vaccination, le vaccin est administré selon une stratégie rigoureuse qui donne la priorité aux professionnels de santé de première ligne, aux personnes en contact étroit avec les cas confirmés, ainsi qu’aux groupes particulièrement vulnérables. Les autorités ciblent également les femmes enceintes, les détenus, les travailleurs du sexe et les personnes immunodéprimées, afin d’interrompre les chaînes de transmission communautaire.

« Cette stratégie ciblée vise à interrompre les chaînes de transmission et à protéger les groupes les plus exposés »
Représentante de l’UNICEF, via Anadolu Agency
Pour faire face aux contraintes d’approvisionnement dans un contexte de ressources limitées, les autorités sanitaires examinent des méthodes d’optimisation des doses, tandis que la distribution sur le terrain doit composer avec les dégâts causés par les récents cyclones. Les intempéries ont rendu certaines routes secondaires impraticables dans les régions côtières et dans l’ouest du pays, nécessitant l’emploi de convois sanitaires ou de transports adaptés pour atteindre les zones enclavées.
« J’ai choisi de me faire vacciner parmi les premiers contre la mpox pour montrer l’exemple. Ce vaccin est sûr, testé et fiable. Faisons confiance à la science pour protéger nos communautés »
Dr Paubert Tsivahiny, Directeur du Programme Elargi de la Vaccination (DPEV) au sein du MSANP, via Organisation mondiale de la Santé
Parallèlement à la campagne vaccinale lancée le 5 mars 2026, le Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique maintient la coordination de la surveillance épidémiologique. Le dispositif s’appuie également sur un numéro vert d’écoute et d’alerte communautaire pour identifier rapidement les foyers suspects et endiguer la progression de la maladie à travers le territoire national.