Une panne de courant majeure survenue le 23 août dans le centre de Birmingham a paralysé le centre de contrôle de la compagnie ferroviaire CrossCountry, entraînant l’annulation de la quasi-totalité de ses liaisons grandes lignes à travers la Grande-Bretagne et plongeant les voyageurs du week-end dans l’incertitude.
La défaillance électrique, qui a touché le bâtiment abritant le centre de contrôle d’CrossCountry à Birmingham, a mis hors service les logiciels indispensables à la gestion du réseau. Les équipes opérationnelles n’ont ainsi plus pu surveiller les circulations, affecter les rames ou répartir les équipages sur l’un des plus grands réseaux ferroviaires longue distance du pays.
Impact massif sur les liaisons nationales et la gare de Birmingham New Street
La suspension quasi totale des services a touché de plein fouet les principaux axes reliant le nord, le sud, l’est et l’ouest de la Grande-Bretagne. Les liaisons entre Glasgow et Edinburgh, Manchester et Birmingham, Cheltenham et Cardiff, ainsi que Newcastle et Edinburgh ont été interrompues jusqu’à nouvel ordre, selon les informations relayées par Newscord.
La gare de Birmingham New Street, plaque tournante incontournable de l’opérateur, a vu la grande majorité de ses départs supprimée. La situation a également lourdement pénalisé Birmingham International, qui dessert directement l’aéroport de Birmingham et le centre d’expositions NEC, privant des milliers de passagers de leurs correspondances habituelles vers le Sud-Ouest et le Nord.
Le secteur de l’exploitation a toutefois maintenu une desserte quasi normale sur un seul segment précis : le corridor reliant Peterborough, Cambridge et l’aéroport de Stansted, en raison de travaux d’ingénierie prévus de longue date. Un service de bus de remplacement a par ailleurs été déployé entre Leicester et Peterborough.
Réactions des passagers et interventions des autorités publiques
La panne est intervenue un dimanche de forte affluence touristique et sportive, coïncidant avec plusieurs matches de football. De nombreux usagers se sont tournés vers les réseaux sociaux pour exprimer leur exaspération face aux annulations de dernière minute.

C’est tellement frustrant parce que, vous savez, CrossCountry, ce service est de piètre qualité. Il l’est vraiment. Jeff Prestridge, voyageur mécontent, via le Herefordshire Times
Du côté du gouvernement, la secrétaire d’État aux Transports Heidi Alexander a fait part de sa vive préoccupation face à la situation, tout en confirmant que des équipes techniques de Network Rail avaient été dépêchées sur place pour rétablir l’alimentation électrique et les systèmes informatiques au plus vite.
Cette perturbation survient dans un climat déjà tendu pour l’entreprise. En juin, l’association de défense des usagers Transport Focus avait classé CrossCountry parmi les exploitants les moins performants du pays, pointant notamment de fortes lacunes dans la gestion et l’information des voyageurs en cas de retard.
Mesures d’urgence, remboursements et perspectives de reprise
Face à l’ampleur de la crise, d’autres compagnies ferroviaires ont volé au secours des voyageurs stranded. Chiltern Railways a renforcé ses liaisons entre Birmingham Moor Street et Oxford et a accepté l’ensemble des titres CrossCountry, tandis que London North Eastern Railway (LNER) a également ouvert ses rames aux passagers désemparés.

Les billets émis pour le dimanche 23 août restent valables sur les services CrossCountry jusqu’au mercredi 26 août. Les usagers ayant subi des retards supérieurs à 30 minutes peuvent prétendre à une indemnisation via le dispositif Delay Repay, tandis que ceux ayant renoncé à voyager peuvent obtenir un remboursement intégral.
Alors que la reprise progressive d’un nombre très limité de circulations a débuté en fin de journée vers Leicester et Derby, CrossCountry table sur un retour à un service complet dès le lundi, sous réserve de la validation des équipes techniques de National Grid et des partenaires industriels.