À l’approche de l’entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique le 1er septembre 2026, plusieurs personnalités politiques françaises demandent sa suspension immédiate. Cette contestation intervient à la suite d’une vaste cyberattaque et d’un vol de données ayant touché la Direction générale des finances publiques fin juin.
Les figures politiques réclament la suspension du calendrier fiscal
Alors que le calendrier réglementaire impose des échéances strictes pour la dématérialisation, la contestation s’organise au sein de la classe politique française. Le maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle de 2027, David Lisnard, a publiquement mis en cause la fiabilité des institutions sur le réseau social X, estimant que l’administration ne garantit pas la sécurité requise pour les informations transmises par les entreprises selon les informations du Figaro.
À compter de cette date, les dix millions de sociétés assujetties à la TVA devront s’être outillées pour être capables de recevoir des factures au format électronique, via des plateformes agréées – transmettant aussi au passage les informations à l’administration fiscale.
« Il semble évident que l’État n’est pas fiable. Il ne peut à ce jour assumer des devoirs pour lui qui découlent des obligations qu’il impose aux autres, en l’occurrence aux entreprises. Par conséquent et de façon réaliste, l’obligation généralisée de la facture électronique doit être suspendue »
David Lisnard, maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle avec son parti Nouvelle Énergie, via Capital.fr et Le Figaro
Et l’ancien membre des Républicains de préciser dans une autre publication : la facturation électronique «donnera ainsi à l’État une vision complète du carnet de commandes de chaque entreprise, de ses marges, et de sa dépendance à tel ou tel donneur d’ordres. Aucun système aujourd’hui en place n’a démontré le niveau de sécurité qu’exigent des données aussi sensibles».
Dans la même dynamique, l’eurodéputée Sarah Knafo (Reconquête !) a également interpellé Sébastien Lecornu sur X, l’appelant à «suspendre immédiatement l’obligation de la facturation électronique et (ses) travaux sur la vérification d’identité sur internet». Les critiques portent sur la centralisation accrue des flux de données économiques à un moment où la sécurité des serveurs publics est ouvertement mise à l’épreuve.
« Un État incapable de protéger nos données et qui ne nous dit pas comment il compte s’améliorer n’est pas légitime pour centraliser encore davantage nos informations »
Sarah Knafo, députée européenne et candidate aux dernières élections municipales à Paris, via Le Figaro et Capital.fr
Tous deux candidats déclarés à la présidentielle 2027, Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot, respectivement patrons des partis souverainistes Debout la France et Les Patriotes, réclament même la suppression pure et simple de cette réforme. Dans un communiqué, le sénateur centriste (Horizons) Vincent Louault appelle, lui, à un «report de l’entrée en vigueur de cette réforme», estimant que les interrogations se multiplient après la grave fuite de données dont a été victime le fisc.
La fuite de données de la DGFiP au cœur des inquiétudes
La chronologie des faits éclaire la virulence de ces oppositions. Le piratage massif qui secoue l’administration fiscale a été officialisé par la Direction générale des finances publiques, qui a confirmé au moins trois intrusions malveillantes sur ses serveurs depuis le mois de juin d’après les précisions de Capital.fr. Un hacker a affirmé, le 12 août, avoir extrait presque 700 000 lignes de données fiscales, comme le rappelle La Tribune.

Une violation de données, notifiée le 14 août 2026, touche 678 000 particuliers et entreprises, avec des informations fiscales détaillées mais pas les identifiants ni les mots de passe, d’après la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Néanmoins, cet événement sécuritaire fragilise la confiance et alimente le scepticisme des opposants politiques face au big bang numérique attendu dans les entreprises.
Le maintien strict de l’échéance juridique du 1er septembre
En dépit de la fronde menée par plusieurs partis souverainistes et centristes, le cadre légal demeure inchangé. Le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024, publié sur le site Légifrance, fixe toujours ce calendrier, et aucun nouveau texte n’a été pris pour le modifier comme le rappelle la publication spécialisée.
Concrètement, la réforme impose d’abord une capacité de réception. À compter du 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront recevoir leurs factures via le Portail public de facturation (PPF) ou une plateforme de dématérialisation partenaire immatriculée. Les grandes entreprises et les ETI auront, en plus, l’obligation d’émettre des factures électroniques et de transmettre les données de transaction à la DGFiP, tandis que les PME et micro‑entreprises ne basculeront à l’émission obligatoire qu’au 1ᵉʳ septembre 2027.

L’architecture décrite par le site spécialisé Mon.expert reste décentralisée, comme le souligne aussi Le Figaro. Les factures circulent entre plateformes, un annuaire central sert essentiellement d’adresse de routage, et seules des données dites réglementaires (montants, TVA, identifiants) remontent vers l’administration. À la date du 19 août 2026, aucune source officielle ne relie les accès illégitimes au système d’information de la DGFiP à cette infrastructure de facturation électronique, ni au PPF, ni aux plateformes partenaires. Le fisc se dit «techniquement prêt» pour cette réforme. Les autorités rappellent ainsi que ces demandes de report formulées par les responsables politiques n’ont, pour l’heure, aucun effet juridique contraignant sur l’application de la loi.