Le groupe Volkswagen traverse une période qualifiée de plus que critique
, selon les déclarations de son PDG Oliver Blume. Dans une interview relayée par l’intranet de l’entreprise et transmise à l’AFP, le dirigeant du plus grand constructeur automobile européen a souligné que l’entreprise et l’ensemble de l’industrie automobile allemande font face à la plus grande tourmente de leur histoire
.
Une situation jugée plus que critique par la direction
Cette crise profonde s’explique par une conjoncture mondiale défavorable marquée par la concurrence de la Chine, les tarifs douaniers américains, la guerre au Moyen-Orient, ainsi que le poids des réglementations et des contextes inflationnistes. Pour faire face à ces défis, le constructeur envisage des suppressions massives d’emplois et prépare une série de réunions avec les représentants du personnel, notamment au siège situé à Wolfsburg ainsi que sur les sites de Zwickau et Emden.
Des perspectives de rentabilité incertaines et des usines menacées
Le géant de l’automobile subit de plein fouet une surproduction estimée à 500 000 véhicules par an en Europe. Bien qu’aucune décision définitive n’ait encore été entérinée concernant la fermeture de sites de production, la direction se montre pessimiste pour l’avenir à long terme.
Face à ces difficultés de rentabilité, la fermeture des usines est décrite par la direction comme la dernière solution, et la plus coûteuse
. L’entreprise explore par conséquent des alternatives industrielles. Des discussions avancées ont ainsi été amorcées avec des acteurs de l’industrie de la défense afin d’étudier une reconversion ou une utilisation alternative de l’usine d’Osnabrueck.
Suppressions de postes et tensions avec les actionnaires et syndicats
Le plan d’économies présenté en juillet dernier par la direction au conseil de surveillance se heurte à des obstacles politiques et sociaux. Le gouvernement du Land de Basse-Saxe, qui détient 20 % des droits de vote et constitue un actionnaire majeur du groupe Volkswagen, avait refusé d’approuver ces mesures lors de leur présentation initiale.

Malgré ces dissensions au niveau de la gouvernance, le groupe a déjà validé la suppression de 50 000 postes. D’après la direction, des accords spécifiques ont d’ores et déjà été conclus avec 37 000 salariés dans le cadre de ce volet social.
Cette stratégie suscite une vive opposition de la part des représentants syndicaux. Christiane Benner, présidente du syndicat IG Metall, a vertement critiqué la direction en fin de semaine, affirmant que les salariés feraient front contre toute fermeture de site. Interrogée par l’hebdomadaire Wirtschaftswoche, elle a estimé que les travailleurs de Volkswagen ont déjà dû accepter des coupes lourdes et douloureuses et maintenant ils reçoivent une nouvelle gifle
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Résumé des principaux enjeux pour le constructeur

- Contexte général : Conjoncture mondiale difficile, surproduction européenne de 500 000 véhicules par an et forte concurrence chinoise.
- Emplois : Validation globale de 50 000 suppressions de postes, avec 37 000 accords déjà signés avec des salariés.
- Sites menacés : Risques de non-rentabilité à l’horizon des années 2030 pour les usines d’Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm.
- Gouvernance : Opposition initiale du Land de Basse-Saxe (actionnaire à 20 % des droits de vote) et résistance affichée du syndicat IG Metall.
- Alternatives : Discussions en cours avec la filière de la défense pour l’utilisation potentielle du site d’Osnabrueck.