La Chine a reporté le lancement de sa mission lunaire Chang’e-7, initialement prévu fin août 2026 depuis le centre de Wenchang. En cause, des conditions météorologiques défavorables liées à la dépression tropicale Narra, qui ont poussé l’Agence spatiale habitée de Chine à suspendre le compte à rebours pour garantir le succès de la mission.
Le lancement de la mission Chang’e-7, la plus ambitieuse entreprise par Pékin pour explorer le pôle Sud de la Lune, a été officiellement suspendu. La fusée Longue Marche 5 et la sonde avaient pourtant été acheminées le 19 août vers la zone de décollage du centre spatial de Wenchang, sur l’île de Hainan.
L’impact de la dépression tropicale Narra sur le calendrier de Wenchang
Les conditions météorologiques se sont détériorées en raison de la formation de la dépression tropicale Narra dans le golfe du Tonkin, à l’ouest de l’île de Hainan. Face à une situation jugée incompatible avec un tir en toute sécurité, les responsables spatiaux chinois ont d’abord tenté de reporter le départ de vingt-quatre heures avant de constater que la fenêtre de tir initiale ne pouvait plus être respectée.
L’agence a précisé que cette décision de report a été prise en se fondant sur le principe de prudence, de fiabilité et de réussite absolue de la mission. Selon les informations recueillies auprès des partenaires internationaux présents sur place, la mission pourrait désormais être reprogrammée pour le mois de septembre, bien que certaines sources évoquent une échéance lointaine repoussant le vol à 2027 en raison des contraintes orbitales strictes qui régissent les voyages vers les régions polaires lunaires.
Une architecture robotique complexe pour traquer l’eau glacée
La mission Chang’e-7 se distingue par sa complexité technique sans précédent. Elle mobilise un ensemble comprenant un orbiteur, un atterrisseur, un rover et un robot sauteur, conçu pour explorer les cratères perpétuellement ombragés du pôle Sud lunaire à la recherche de molécules d’eau et de volatils. James Head, géologue à l’Université Brown, a souligné la portée scientifique de cette architecture robotique lors d’un entretien avec la presse spécialisée.

L’atterrisseur visera une zone escarpée située près du cratère Shackleton, où le relief accidenté et les zones d’ombre permanente abritent potentiellement de la glace piégée depuis des milliards d’années. Une fois posé, le robot sauteur utilisera un spectromètre laser et une foreuse pour prélever des échantillons de sol à un mètre de profondeur. Ces prélèvements seront ensuite chauffés dans une chambre scellée afin de quantifier la teneur en eau et d’analyser sa signature isotopique.
Contexte des lancements à Wenchang et ambitions lunaires internationales
Ce contretemps météorologique intervient dans un climat particulièrement tendu pour la base de Wenchang, qui a connu un échec de tir qualifié de rare à peine deux semaines plus auparavant, lorsqu’une fusée Longue Marche 7A transportant un satellite de communication s’est désintégrée en vol sous les yeux du public. Cet incident fait l’objet d’une enquête approfondie de la part des autorités.

Malgré ces obstacles, le programme spatial chinois poursuit ses investissements massifs pour devancer les États-Unis dans la course à l’établissement d’une présence humaine durable sur la Lune.