À partir du 8 septembre, le Canada appliquera des surtaxes de 15 à 50 % sur une série de produits américains, réagissant à l’échec des négociations commerciales et aux nouveaux droits de douane de Washington sur l’acier et les voitures. Ottawa a également dévoilé une aide de 7,5 milliards de dollars canadiens pour soutenir les secteurs touchés.
Mark Carney et Donald Trump
La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis s’envenime après la décision prise vendredi par le Premier ministre canadien, Mark Carney, de tenir tête à Donald Trump en rompant les négociations commerciales face aux conditions « injustes » que voulait imposer la Maison Blanche. Le président américain, qui multiplie les offensives commerciales depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, estime que le Canada abuse de la générosité de Washington, que ce soit sur le plan commercial ou militaire, affirmant que Le Canada dépouille les États-Unis d'Amérique depuis des années
. En conséquence de cette rupture, Washington applique depuis samedi 00H01 de nouvelles surtaxes touchant un total de 20 milliards de dollars de produits canadiens importés, parmi lesquels le ciment, les alcools ou les crosses de hockey, et touchant même des secteurs auparavant protégés par l’accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM).

Le président américain a encore fait monter la tension d’un cran en annonçant sur son réseau Truth Social que, à partir du 1er janvier 2027, toutes les voitures, les camions, grands et petits, les pièces détachées automobiles et l'acier verront leurs taxes augmenter à 50 %
. À ce sujet, la majorité de l’acier canadien entrant aux États-Unis est déjà taxée à 50 %, mais Washington avait fait miroiter une baisse de ce taux en cas de trêve commerciale.
François-Philippe Champagne
Une réplique au dollar près et un soutien financier massif

Le Canada imposera à partir du 8 septembre des droits de douane de 15 à 50% sur une série de produits américains et « ripostera » si son secteur automobile est touché par de nouvelles surtaxes des Etats-Unis. Présentant cette riposte dans une usine à Ottawa devant la presse aux côtés d’autres membres du gouvernement, le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a détaillé que ces surtaxes concerneront l’acier ou les produits laitiers américains mais aussi le matériel agricole, l’industrie du papier, l’électronique et les appareils électroménagers. Leurs niveaux seront de 15, 25 ou 50 % et leur montant correspondra au « dollar près » à celui des surtaxes américaines touchant le Canada depuis samedi.

François-Philippe Champagne a souligné qu’Ottawa n’a « pas choiside mener cette guerre commerciale qui représente un
défi sans précédentpour le pays dont les Etats-Unis sont, de très loin, le premier partenaire. Le ministre a assuré que le Canada, qui n'acceptera
jamais qu’un autre pays (lui) dicte la voie à suivre », est uni dans sa réponse
, martelant que C'est un défi sans précédent imposé au Canada. Mais le Canada sera à la hauteur.
Afin d’aider les secteurs durement affectés par cette guerre commerciale, le gouvernement canadien a également dévoilé le déblocage d’une enveloppe de 7,5 milliards de dollars canadiens (4,6 milliards d’euros / soit 4,35 milliards de francs) destinée à soutenir la trésorerie des entreprises ou à renforcer l’indemnisation chômage.
Mélanie Joly
Tensions sur l’automobile et menaces de riposte
Le Canada « riposterasi les droits de douane américains visant le secteur automobile augmentent à 50% au 1er janvier comme l'a annoncé Donald Trump, a assuré la ministre canadienne de l'Industrie, Mélanie Joly, devant la presse. La ministre a précisé :
J’ai été en contact avec le président de Ford Canada, le président de Honda Canada et le président de Toyota Canada à la suite des menaces de droits de douane à 50% sur l’automobile » et bien évidemment, nous riposterons
, s’ils entrent en vigueur, et nous nous battrons pour chacun de ces emplois
.
Ce pari mené par Mark Carney pourrait s’avérer risqué économiquement face à ce partenaire incontournable, alors que les ministres canadiens des Finances, de l’Industrie et du Travail se sont mobilisés pour détailler la réponse d’Ottawa face à des propositions jugées injustes de la part de Washington.