Dans un geste qualifié d’inédit, les anciens premiers ministres albertains Jason Kenney et Rachel Notley unissent leurs forces pour plaider en faveur du maintien de la province au sein du Canada. Selon les informations rapportées par Radio Canada, les deux anciens adversaires politiques coprésident la campagne nationale de la Chambre de commerce du Canada intitulée « L’Alberta et le Canada : plus forts ensemble ». M. Kenney a été premier ministre sous la bannière du Parti conservateur uni après avoir défait le gouvernement néodémocrate de Mme Notley lors de l’élection albertaine de 2019.
Une alliance politique inédite contre la sécession albertaine
Les électeurs de la province sont appelés à se prononcer le 19 octobre lors d’un référendum. Ce scrutin vise à déterminer si l’Alberta souhaite rester au sein du Canada ou si elle préfère organiser un second référendum contraignant sur la sortie du pays. Pour Jason Kenney, la gravité de la situation exige de dépasser les clivages politiques traditionnels, lui qui a qualifié leur relation de « amis-ennemis » tout en soulignant qu’il faisait passer le patriotisme avant la partisanerie.
Les risques économiques d’une rupture en pleine guerre commerciale
Les coprésidents de la campagne soulignent que la séparation serait catastrophique pour l’économie albertaine et qu’elle tombe à un moment particulièrement inopportun. Selon Le Devoir, cette période coïncide avec une guerre commerciale et des barrières douanières agressives imposées par les États-Unis. Mme Notley a reproché au gouvernement de la première ministre Danielle Smith d’imposer aux Albertains un programme séparatiste néfaste pour les entreprises.
De son côté, Jason Kenney met en garde contre les conséquences concrètes d’une telle rupture, estimant qu’une Alberta indépendante risquerait de devenir un petit État enclavé et privé de ses accès aux côtes. Une sortie de la fédération entraînerait également la perte automatique de tous les accords de libre-échange avec le reste du Canada, les États-Unis et le reste du monde, tout en plongeant la province dans une profonde instabilité financière.
Mobilisation et perspectives électorales
L’alliance entre les deux anciens dirigeants vise un objectif tactique précis, notamment celui d’éviter la complaisance au sein de l’électorat fédéraliste. Les détails précis de la campagne sont toujours en cours d’élaboration, mais elle s’appuiera sur des discussions directes entre les coprésidents et les membres de la Chambre de commerce. M. Kenney a précisé que Mme Notley et lui-même s’exprimeraient lors de divers événements afin de transmettre un message clair à ceux qui souhaitent exprimer leur mécontentement envers Ottawa sans pour autant quitter le pays.
Mme Notley a résumé la position du duo en affirmant qu’ils feraient front commun jusqu’à ce que la question soit réglée définitivement, avant de pouvoir reprendre un débat démocratique et respectueux sur d’autres sujets. La Chambre de commerce de son côté rappelle que la démocratie canadienne demeure la meilleure avenue pour résoudre les débats internes et faire face unie face aux menaces extérieures.