Le Canada a annoncé le 25 août 2026 une riposte tarifaire de 15 à 50 % contre les États-Unis, entrant en vigueur le 8 septembre, à la suite de la rupture des négociations commerciales par le Premier ministre Mark Carney pour défendre la culture québécoise.
La guerre commerciale entre Ottawa et Washington s’est brutalement envenimée fin août 2026. Après la décision du Premier ministre canadien Mark Carney de rompre les pourparlers, le gouvernement canadien a dévoilé une série de surtaxes oscillant entre 15 et 50 % ciblant de nombreux produits américains dès le 8 septembre.
François-Philippe Champagne détaille les surtaxes de 15 à 50%
Les surtaxes canadiennes concerneront l’acier ou les produits laitiers américains, mais aussi le matériel agricole, l’industrie du papier, l’électronique et les appareils électroménagers. Leur niveau sera de 15, 25 ou 50% et leur montant correspondra au «dollar près» à celui des surtaxes américaines touchant le Canada depuis samedi, a détaillé le ministre des Finances, François-Philippe Champagne. Ottawa n’a «pas choisi» de mener cette guerre commerciale qui représente un «défi sans précédent» pour le pays dont les Etats-Unis sont, de très loin, le premier partenaire, a souligné le ministre, dans une usine à Ottawa. Mais le Canada, qui n’acceptera «jamais qu’un autre pays (lui) dicte la voie à suivre», est «uni dans sa réponse», a-t-il assuré aux côtés d’autres membres du gouvernement.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a décidé vendredi de tenir tête à Donald Trump en rompant les négociations commerciales avec les Etats-Unis face aux conditions jugées «injustes» que voulait imposer la Maison Blanche. En conséquence, Washington applique depuis samedi de nouvelles surtaxes touchant un total de 20 milliards de dollars de produits canadiens importés, parmi lesquels le ciment, les alcools ou les crosses de hockey.
Le président américain a encore fait monter lundi la tension d’un cran en annonçant une hausse des taxes douanières sur le secteur automobile canadien de 25% à 50% au 1er janvier prochain. «Bien évidemment, nous riposterons» et «nous nous battrons pour chacun des emplois», a assuré la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly.
Mark Carney défend l’exception culturelle québécoise
Le premier ministre Mark Carney a rompu les négociations vendredi pour défendre l’exception culturelle québécoise et notamment l’usage du français, remis en cause par l’administration Trump. Le Canada monte au créneau pour défendre le français. La défense de la culture québécoise et de la langue de Molière s’est imposée comme l’un des principaux points d’achoppement des négociations commerciales entre Ottawa et Washington, selon Mark Carney, qui affirme avoir refusé de transiger face aux exigences américaines. «Il y a un écart énorme entre les perspectives canadiennes et les perspectives américaines» en matière de culture, a souligné lundi le premier ministre canadien, à qui il a pourtant été souvent reproché un manque de sensibilité au français. Mark Carney, qui poursuit son apprentissage de la langue française, a ainsi fustigé les demandes introduites «dans les dernières heures» par la partie américaine, qui remettaient en cause les subventions à la culture francophone, la place des médias francophones en ligne et l’obligation d’étiquetage bilingue des produits vendus au Canada.

C’est aussi une question de «découvrabilité» des productions québécoises, a ajouté lundi le premier ministre canadien, c’est-à-dire de «disponibilité (du contenu) en ligne et (de) sa capacité à être repéré parmi un vaste ensemble», comme l’indique le gouvernement du Québec sur son site internet officiel. 85% des Québécois soutiennent la décision de Mark Carney.
«La question de l’exception culturelle québécoise a toujours irrité les Américains», souligne la professeure de science politique à l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier, précisant que d’autres facteurs ont aussi contribué à l’échec des pourparlers, comme les surtaxes sur l’automobile. «Le Canada force les entreprises technologiques américaines à prélever un pourcentage de leurs bénéfices pour les reverser à des concurrents canadiens», a dénoncé lundi le négociateur américain Jamieson Greer sur la chaîne CNBC. En juillet, Mark Carney avait pour…
Le gouvernement canadien débloque 7,5 milliards de dollars
Afin d’aider les secteurs durement affectés par cette guerre commerciale, le gouvernement canadien a également dévoilé le déblocage d’une enveloppe de 7,5 milliards de dollars canadiens (4,6 milliards d’euros) destinée à soutenir la trésorerie des entreprises, renforcer l’indemnisation chômage et créer un «Fonds de diversification pour un Canada fort» devant aider les secteurs affectés à trouver de nouveaux marchés à l’export.

Le président américain, qui multiplie les offensives commerciales depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, estime que le Canada abuse de la générosité de Washington, que ce soit sur le plan commercial ou militaire. À partir du 1er janvier 2027, toutes les voitures, les camions, grands et petits, les pièces détachées automobiles et l'acier verront leurs taxes augmenter à 50 %
, a-t-il détaillé sur son réseau Truth Social. Le Canada dépouille les États-Unis d'Amérique depuis des années
, a assuré Donald Trump.
La majorité de l’acier canadien entrant aux États-Unis est déjà taxée à 50 %, mais Washington avait fait miroiter une baisse de ce taux en cas de trêve commerciale. Le gouvernement canadien s’est toutefois montré inflexible, reprochant aux États-Unis de demander trop et offrir trop peu
et accusant Washington de s’en prendre, par certaines de ses revendications, au statut de la langue française, un sujet politiquement sensible.