Des inondations massives et des crues soudaines au Népal ont fait au moins 95 morts dans le district de Nuwakot, tandis que 384 touristes sont portés disparus, selon des bilans communiqués ce mercredi par la police et le bureau du tourisme.
La catastrophe, survenue ce mercredi, touche durement le Népal avec un bilan provisoire qui s’établit déjà à 95 morts d’après les informations communiquées par la police. Des torrents d’eau boueuse ont submergé des habitations dans le district de Nuwakot, situé de l’autre côté de la frontière avec la Chine, dans la région du Tibet.
Les services de secours font face à des conditions extrêmement difficiles sur le terrain. Le porte-parole de la police, Abi Narayan Kafle, a fait le point sur la situation opérationnelle en indiquant que les forces de l’ordre coordonnent les secours tout en signalant que de nombreux membres de notre force sont également injoignables.
Des centaines de touristes sans contact le long des axes de trek
Au-delà des pertes en vies humaines constatées dans les zones habitées, l’incertitude demeure concernant des centaines de voyageurs. L’office du tourisme du Népal recense 384 touristes et voyageurs sans contact, un chiffre qui comprend 291 ressortissants étrangers et 93 Népalais, d’après les données publiées ce mercredi.
Les crues ont directement touché des secteurs très fréquentés par les randonneurs et les pèlerins. La crue a notamment frappé Syabrubesi, qui constitue le point de départ du célèbre trek du Langtang, ainsi que d’autres zones empruntées par les voyageurs se dirigeant vers le pèlerinage hindou du Kailash Mansarovar ou se trouvant sur des itinéraires proches du Tibet.
Une avalanche glaciaire pointée du doigt par les sources locales
Si les intempéries de mousson jouent un rôle habituel dans la région, plusieurs éléments laissent penser que cet événement dépasse le cadre d’un simple épisode pluvieux. Des sources locales et internationales privilégient l’hypothèse d’une avalanche mêlant glace et rochers, qui aurait provoqué un blocage brutal sur un affluent de la Bhote Koshi avant de libérer une masse d’eau considérable en aval.
Ce mécanisme s’apparente à une crue torrentielle d’origine glaciaire ou à la rupture d’une retenue naturelle. La configuration du relief himalayen aggrave considérablement l’impact de ce type de phénomène : les vallées très encaissées et les pentes extrêmement fortes accélèrent la course des torrents de boue, de roches et de débris vers les infrastructures situées au fond des vallées.
Un relief extrême et des infrastructures exposées aux crues éclairs
Les dégâts matériels s’étendent à de multiples infrastructures essentielles dans les zones sinistrées. Les routes coupées, les ponts détruits, l’accumulation de dépôts de boue et l’impossibilité pour certains hélicoptères de se poser compliquent grandement l’acheminement des secours vers les vallées touchées, à l’instar des secteurs de Syapru Besi et Timure.
Les autorités locales avaient pourtant tenté d’anticiper le danger. Le porte-parole de la police a souligné que les services avaient averti les personnes séjournant près des berges, afin qu’elles évacuent avant que la crue ne déferle.
La vulnérabilité accrue de l’Himalaya face aux risques climatiques
L’Himalaya fait face à des transformations environnementales profondes qui modifient durablement le niveau de risque dans la région. Les experts rappellent que la zone connaît un recul accéléré des glaciers, une dégradation du pergélisol et une multiplication des menaces associées aux lacs glaciaires et aux avalanches.
L’ICIMOD met en garde contre ces évolutions qui placent la région dans une situation de vulnérabilité accrue face à des catastrophes en cascade. Dans ces environnements de haute montagne, le danger ne découle pas seulement des conditions météorologiques immédiates, mais de la combinaison entre un relief difficile, des glaciers fragilisés et la présence de populations ou d’infrastructures concentrées au fond des vallées étroites.