Le Maroc et l’Inde ont affiché leur ambition de porter leurs échanges bilatéraux à 4 milliards de dollars sur deux ans pour atteindre un volume doublé d’ici cinq ans. Réunies à Rabat, les deux délégations ont identifié un potentiel inexploité de 2,6 milliards de dollars d’exportations additionnelles dans l’industrie et la technologie.
L’axe Rabat-New Delhi franchit une nouvelle étape décisive dans sa coopération économique. Réunies le 24 août 2026 dans la capitale marocaine à l’occasion de la 7e session de la Commission mixte maroco-indienne, les deux nations ont acté un volume d’échanges d’environ 4 milliards de dollars pour la période 2025-2026, tout en dessinant une trajectoire audacieuse pour les cinq années à venir.
La rencontre était placée sous la coprésidence d’Omar Hejira, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du Commerce, chargé du Commerce extérieur, et de Jitin Prasada, ministre indien du Commerce et de l’Industrie, de l’Électronique et des Technologies de l’information.
Une dynamique ancrée dans la visite royale de 2015
Cette alliance stratégique en plein essor trouve ses fondements institutionnels dans les relations diplomatiques établies entre les deux pays dès 1993, reposant sur des bases solides d’amitié, de respect mutuel et d’une convergence de vues sur plusieurs dossiers internationaux. Toutefois, c’est la visite officielle effectuée par le Roi Mohammed VI en Inde en 2015 qui a insufflé une dynamique durable, transformant les liens bilatéraux en un véritable partenariat multidimensionnel.
Un gisement commercial inexploité de 2,6 milliards de dollars
Malgré l’expansion remarquable des flux depuis 2021, les analyses croisées menées par les deux gouvernements révèlent un potentiel considérable encore en friche. Les opérateurs des deux pays disposent d’un gisement d’exportations additionnelles évalué à 2,6 milliards de dollars, ciblant en priorité les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, du textile, de l’industrie pharmaceutique, de l’intelligence artificielle et de l’économie numérique.
Dans le détail, la répartition de cette manne industrielle et technologique s’équilibre entre les partenaires :
- Les entreprises marocaines disposent d’un potentiel de 1,4 milliard de dollars d’exportations supplémentaires vers le marché indien.
De son côté, le ministre délégué indien Jitin Prasada a détaillé les chiffres actuels de la balance commerciale, précisant que les échanges de 2025-2026 intègrent près de 1,6 milliard de dollars d’exportations indiennes vers le Royaume et environ 2,89 milliards de dollars d’exportations marocaines vers l’Inde, un montant légèrement supérieur au seuil global d’échanges estimé par les services marocains.
Plateforme africaine et nouveaux instruments bilatéraux
Pour matérialiser l’objectif de doubler le volume des échanges d’ici cinq ans, Rabat et New Delhi ne misent pas seulement sur les volumes. Le ministre indien a insisté sur la nécessité de diversifier la structure des échanges, de lever les barrières non tarifaires et de fluidifier l’accès aux marchés respectifs.
Pour y parvenir, les deux parties se sont engagées à constituer un groupe de travail conjoint spécifiquement dédié au commerce bilatéral, tout en examinant l’opportunité de conclure un accord commercial préférentiel.
Cette ambition s’appuie directement sur les atouts structurels du Maroc. Le gouvernement met en avant la position géographique du pays, la qualité de ses infrastructures et son réseau d’accords de libre-échange, des leviers qui positionnent le Royaume comme une porte d’entrée privilégiée pour les entreprises indiennes lorgnant vers les marchés africains et européens.