À l’approche des élections provinciales au Québec prévues pour le 5 octobre 2026, la campagne libérale est secouée par de multiples controverses. Michel Bureau, candidat du Parti libéral du Québec dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, a publiquement affirmé être un « libéral péquiste », tandis que Michel Savard, candidat dans Gouin, a été évincé par la formation après des publications haineuses.
La campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ) fait face à des turbulences internes majeures. Alors que la formation tente de se repositionner sous la direction de son nouveau chef, Charles Milliard, les déclarations et le passé de certains candidats s’invitent au centre de l’actualité politique provinciale, complouant la stratégie du parti à quelques semaines du scrutin.
Michel Bureau assume son étiquette de « libéral péquiste » dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré
Dans la circonscription de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, le candidat libéral Michel Bureau a surpris la scène politique en déclarant ouvertement être un « libéral péquiste » lors d’une entrevue accordée aux ondes du Grand réveil de Charlevoix. Bureau a reconnu que ses chances de l’emporter le 5 octobre prochain étaient minces.
Bien qu’il se dise séduit par les idées libérales, le candidat a réaffirmé son attachement persistant au Parti québécois (PQ) et a exprimé un « énormément » de respect pour le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon ainsi que pour son adversaire péquiste dans la circonscription, François Gariépy. Selon lui, ce dernier pourrait devenir un excellent député pour la région.
Cette proximité affichée avec le camp souverainiste ne semble toutefois pas inquiéter la direction du PLQ outre mesure. Du côté des analystes, la lecture est différente. Le chroniqueur politique Rodolphe Husny estime que cette situation renvoie une « mauvaise image pour Charles Milliard » en raison des controverses récurrentes entourant les candidatures libérales.
L’éviction de Michel Savard dans Gouin après des propos violents sur les réseaux sociaux
Si la situation de Michel Bureau relève du positionnement politique atypique, un autre dossier s’est avéré intenable pour le PLQ. Le parti a annoncé l’éjection de Michel Savard, qui devait se présenter sous ses couleurs dans la circonscription de Gouin, après la mise en lumière de publications controversées sur les réseaux sociaux.
Savard qualifiait le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon de mégalomane et affirmait que ses partisans étaient des « petits nazis sans envergure ». Face à la polémique, le porte-parole du PLQ, Philip Laflamme, a entériné la rupture par voie de communiqué : « Cette décision reflète notre volonté de maintenir des normes élevées de respect dans le débat public et notre engagement ferme contre toute forme de violence verbale ».
Avant son exclusion, M. Savard avait présenté ses excuses en public, reconnaissant avoir participé à une « culture de confrontation qui empoisonne les réseaux sociaux ». D’autres messages exhumés par la suite, datant de 2018 et faisant référence à des confrontations musclées ou à sa volonté de détruire le projet souverainiste, ont achevé de rendre son maintien intenable pour la direction libérale.
Le front commun contre la CAQ au cœur de la stratégie libérale
Malgré ces divergences internes et ces soubresauts de candidatures, les figures en lice ciblent un adversaire commun : le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Michel Bureau n’a pas mâché ses mots à l’encontre de l’administration en place, qu’il qualifie de pire gouvernement de l’histoire du Québec, exprimant le souhait d’un renouvellement politique profond, peu importe qu’il profite aux libéraux ou aux péquistes.

Alors que la date du scrutin s’approche, le défi pour Charles Milliard consistera à maintenir la cohésion de ses troupes dans les différentes régions tout en évitant que les controverses passées de ses candidats ne éclipsent le message économique et de renouveau que le PLQ tente d’imposer face à la CAQ.