Près d’une centaine de stands ont investi le parc des Bastions au cœur de Genève pour la huitième édition de Festi’Terroir. Cet événement de trois jours vise à promouvoir les producteurs locaux et à valoriser les circuits courts, alors que le canton importe toujours environ 80% de ses denrées alimentaires.
Le cœur de Genève s’est transformé ce week-end en un vaste marché de producteurs à l’occasion de la huitième édition de Festi’Terroir.
Diversité des produits locaux et curiosité du public aux Bastions
L’événement a attiré de nombreux curieux venus découvrir la richesse de la production locale genevoise. Parmi les visiteurs, certains venaient de loin, à l’image d’un Italien de Pescara en séjour d’une semaine à Genève, ou encore d’une habitante de Suisse alémanique ravie de dénicher de petits concombres introuvables chez elle. D’autres ont pu déguster de la pastèque jaune produite localement.
Côté alimentation, l’offre a oscillé entre viandes et produits végétaux, incluant des spécialités atypiques comme le tofu de la ferme du Monniati.
Le marché a également fait la part belle aux saveurs internationales élaborées avec des ingrédients de la région, à l’instar d’un stand de produits turcs et grecs, ou des huiles pimentées de Lili Spicy confectionnées à partir de piments locaux. Les produits traditionnels n’étaient pas en reste, représentés notamment par la boulangerie de Peney.
Le défi de la filière viticole et le combat contre le gaspillage alimentaire
Cette édition a accordé une place particulière aux vignerons genevois. La filière locale traverse actuellement des difficultés et cherche à séduire à nouveau les consommateurs.
Festi’Terroir a aussi revêtu une dimension didactique en abordant la question du gaspillage alimentaire. L’association Zéro Waste était présente pour rappeler que la Suisse figure parmi les pays affichant un taux important de gaspillage. Des solutions concrètes ont été présentées aux visiteurs, telles que la confection de mini-crêpes à base de restes de pain. Antoine Schuler rappelle que 40% du pain consommé à Genève va à la poubelle
, relève le rapport de Lemanbleu.
Un frein économique persistant face à la dépendance aux importations
Malgré l’engouement suscité par les animations du week-end et la volonté des consommateurs de soutenir l’agriculture de proximité — illustrée par un visiteur dégustant une raclette au milieu des stands pour observer les initiatives locales — un obstacle structurel demeure.
Le canton de Genève continue en effet d’importer environ 80% de ses denrées alimentaires, rappelant l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir pour inverser durablement la tendance.