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Mexique : Des Milliers de Manifestants Exigent l’Action du Gouvernement à Mexico

Plus de 130 000 personnes sont officiellement portées disparues au Mexique, devenant la crise la plus grave au monde pour un pays en paix.

Mexique : Des Milliers de Manifestants Exigent l'Action du Gouvernement à Mexico

Plus de 130 000 personnes sont officiellement portées disparues au Mexique, devenant la crise la plus grave au monde pour un pays en paix.

Une mobilisation massive à Mexico face à l’enlisement de la crise

Dimanche, à l’occasion de la Journée internationale pour les personnes disparues, une importante mobilisation a eu lieu à Mexico. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées au cœur de la capitale pour exprimer leur colère face à une situation qui ne faiblit pas. Malgré le renforcement de la politique sécuritaire par les autorités, le phénomène des disparitions échappe au contrôle de l’État, et il manque à son devoir car les proches et les parents de victimes sont souvent seuls à mener l’enquête et les recherches sur le terrain.

Les proches des victimes se retrouvent fréquemment dans l’obligation de mener eux-mêmes les enquêtes et les fouilles sur le terrain. Les slogans scandés dans les cortèges par les parents et les proches de disparus, toujours plus nombreux à descendre dans la rue pour pousser le gouvernement à agir, selon notre correspondante à Mexico, Gwendolina Duval, résument la détresse des familles : Où sont-ils, Où sont nos enfants ?

Ils ne font aucune recherche sur le terrain, nous devons leur mettre la pression pour qu’il y ait le moindre résultat, et même ainsi, ils sont dépassés. Les cas s’accumulent encore et encore…

Olivia Rosales, proche d’une victime, via RFI

Olivia Rosales cherche sa fille de 17 ans disparue cette année dans la capitale.

Le gouffre entre les chiffres officiels et la réalité des fosses clandestines

Les statistiques officielles font état d’au moins 130 000 personnes portées disparues au Mexique, compilées depuis 2006. Toutefois, le gouvernement mexicain a revu ces données à la baisse fin mars : au moins 40 000 cas ne seraient pas des disparitions forcées, les personnes concernées ayant eu des contacts officiels avec l’État après avoir été portées disparues (vaccination, mariage, vote…).

Cette réévaluation suscite une vive indignation parmi les associations et les familles. La soeur de Yoltzi Martinez, dont la disparition a eu lieu il y a plus de seize ans à Acapulco, exprime en plus de la fatigue émotionnelle une grande déception envers le gouvernement actuel qui criminalise les victimes de disparition et leurs proches dans ses discours.

Il voudrait diminuer le phénomène des disparitions avec le concept ‘d’absence temporaire’, alors ça provoque chez nous beaucoup de colère et beaucoup d’indignation car nous trouvons nos proches dans les fosses clandestines ! Évidemment que ce n’est pas une absence temporaire. Cela nous montre que c’est l’action du crime organisé avec la complicité du gouvernement !

Proche de victime, via RFI

Un rapport de l’ONU accablant et des tensions internationales persistantes

Ce climat de défiance s’inscrit dans le prolongement direct d’un rapport à charge publié en avril dernier par le comité de l’ONU sur les disparitions forcées. Les experts du comité y pointaient explicitement la complicité d’agents de l’État dans les disparitions, une complicité qui constitue un crime contre l’humanité, selon eux.

Face à ces accusations, le gouvernement mexicain, qui affiche comme l’une de ses priorités la lutte contre l’insécurité, s’était alors estimé attaqué et avait rejeté les conclusions du rapport. Alors que les taux d’homicide diminuent au Mexique, le nombre de disparitions lui ne cesse d’augmenter.

Parallèlement à la mobilisation mexicaine du dimanche 30 août 2026 à Mexico, immortalisée par le photographe Eduardo Verdugo (AP Photo/Eduardo Verdugo), la Journée internationale des victimes de disparition forcée a également résonné dans d’autres régions du monde. À cette occasion, des familles de personnes portées disparues et soumises à des disparitions forcées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, aux côtés d’associations et d’organisations des droits humains œuvrant à mettre fin au crime de disparition forcée, ont donné de nouveau l’alerte face au fléau de cette pratique dans leur région, dénonçant la répression visant les familles tandis que les crimes se poursuivent.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.