PaperCut Software a déployé des correctifs d’urgence pour contrer des attaques ciblant des vulnérabilités en chaîne dans ses solutions d’impression.
Face à des attaques actives en milieu professionnel, PaperCut a publié des correctifs d’urgence pour colmater des failles critiques touchant ses solutions de gestion d’impression PaperCut NG et PaperCut MF. Selon les informations communiquées par Cybersecuritydive, plusieurs clients ont été la cible d’attaques réussies, poussant l’éditeur à collaborer directement avec des équipes de recherche en cybersécurité pour endiguer la menace.
La chaîne d’exploitation de CVE-2026-81578 et CVE-2026-82078
Le cœur du problème réside dans l’association de deux failles de sécurité distinctes que des individus malveillants parviennent à enchaîner. La première, répertoriée sous l’identifiant CVE-2026-81578, concerne un défaut de contrôle d’accès inadéquat dans les applications PaperCut MF et NG. Cette brèche permet à un attaquant non authentifié de modifier de manière arbitraire certaines configurations du système.
Une fois cette porte ouverte, les pirates exploitent une seconde vulnérabilité d’exécution de code, suivie sous la référence CVE-2026-82078, qui découle d’un chargement dynamique de classes non sécurisé. Cette faiblesse autorise l’injection et l’exécution de bytecode Java arbitraire au sein même du processus de l’application.
John Hammond, chercheur principal en sécurité chez Huntress, a qualifié le mécanisme d’attaque de point and shoot
en raison de sa simplicité apparente pour un assaillant. Nul besoin de nom d’utilisateur ou de mot de passe : l’adresse IP ou le nom d’hôte de la cible suffit pour compromettre entièrement le serveur distant.
Premières observations sur le terrain et tactiques d’intrusion
Les investigations menées auprès des clients touchés révèlent que les intrusions observées se trouvent pour l’instant dans des phases préliminaires. Cybersecuritydive rapporte que des firmes comme Rapid7 et Huntress ont documenté des actions de reconnaissance visant à identifier le compte utilisateur compromis ainsi que le système d’exploitation en place.
Toutefois, la situation peut s’aggraver rapidement. Les équipes de réponse aux incidents ont constaté que les intrus introduisent leurs propres outils de gestion à distance afin d’établir une persistance durable, d’élever leurs privilèges et d’effectuer des mouvements latéraux au sein du réseau d’entreprise.
Pour effacer leurs traces, les pirates s’attaquent également aux journaux d’activité.
Mesures d’urgence de CISA et consignes de remédiation
L’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures américaine a réagi en intégrant rapidement ces failles à son catalogue de vulnérabilités connues exploitées. L’organisme a fixé des échéances strictes aux agences civiles fédérales pour appliquer les correctifs : le 11 septembre pour la première faille et le 14 septembre pour la seconde.

Les experts exhortent les administrateurs à isoler immédiatement les serveurs d’application du web public et à restreindre les accès aux réseaux d’entreprise de confiance.
En cas de compromission avérée, la procédure recommandée par l’éditeur implique de sécuriser les sauvegardes existantes, de réinitialiser complètement le serveur en nettoyant le système, puis de restaurer un état antérieur sain.
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